MEMBRES DE L’EQUIPE
- Mr FORZY Jacques-Directeur (0,2 ETP)
- Mme MARCHAL Agnès-Chef de service (1 ETP)
- Mme VASSEUR Christine-Médecin (0,3 ETP)
- Mr Pierre-Jean BRACHET-Psychologue (0,25 ETP)
- Mlle BATIFFOULIER Aurélie-Secrétaire (0,5 ETP)
- Mme ROSE Céline-Maîtresse de maison (1 ETP)
- Mme PETIT-Infirmière (0,2 ETP)
- Mme GONZALEZ –Infirmière (0,4 ETP)
- Mme PIK-Infirmière (O,6 ETP)
- Mlle JAMIN Carole-Aide soignante (1 ETP)
- Mr PELTIER Stéphane-Aide soignant (1 ETP)
- Mlle SENECHAL Anne-Auxilière de vie (1 ETP)
- Mr LEFEVRE Jérôme-Educateur spécialisé (0,5 ETP)
- Mr LEROY Jean-Luc-Veilleur de nuit (1 ETP)
- Mr FERREIRA Victor-Veilleur de nuit (1 ETP)
- Mme ZIZZO Jessica-Veilleuse de nuit (0,5 ETP)
- Assistante Sociale : Pôle Assistantes sociale CHC (0,25 ETP)
INTRODUCTION
Un nouvel établissement vient d’ouvrir ses portes pour répondre aux besoins de prise en charge de personnes en situation de précarité, souffrantes mais ne nécessitant pas nécessairement une hospitalisation. Cette réalisation, conduite conjointement par Picardie-Habitat et le SATO-Picardie, fut réalisée avec une grande célérité dès que le permis de construire a été validé. Un bâtiment aux allures de navire est sorti de terre en moins d’une année. La réception des bâtiments a été effectuée le 15 décembre 2010.
Très vite, deux résidants ont été admis ; deux hommes, âgés de plus de 60 ans, l’un en errance, l’autre sans ressource et sans possibilité d’obtenir un hébergement durable, tous deux sans domicile et malades.
Notons que, dans la continuité de cette mise en œuvre, une équipe médico-sociale a pris place aux cotés des autres salariés qui œuvrent au sein des structures d’hébergement du SATO-Picardie. La constitution de cette équipe a mobilisé les énergies d’une partie de l’équipe de direction afin que l’ensemble des acteurs pluri-professionnels puisse commencer à réfléchir sur le projet, d’une façon concrète, en visitant deux équipes déjà à l’œuvre : Le LHSS du Foyer Aubois situé près de Troyes et le LHSS de Lille géré par l’ABEJ. Nous tenons à remercier et à saluer ici, dans ce premier rapport d’activité, ces deux équipes qui ont su nous accueillir, mais surtout nous transmettre et partager (à l’ensemble de la composante pluri-professionnelle) à la fois leur expérience, mais aussi leur « punch » et leur dynamisme. Nous avons trouvé remarquable la considération dont elles font preuve, chacune à leur manière, auprès des personnes qu’elles accompagnent au travers d’un engagement humaniste qui convie au respect.
Notons que ces échanges entre professionnels nous ont d’une part, conduits à mieux situer les enjeux médicaux et sociaux de l’accueil des personnes précarisées et d’autre part, permis de faire connaissance, c’est-à-dire de mieux situer ses partenaires de travail et leur spécificité professionnelle puis de faire équipe « ensemble ».
De plus, divers documents tels le livret d’accueil, le règlement intérieur, etc. ont été débattus, construits, validés. Des éléments de procédure tant sur le plan des soins que sur le plan du suivi des aspects matériels du projet institutionnel ont été formatés et validés par l’équipe. Ces documents ayant été entérinés par le directeur et le médecin, ce travail a favorisé leurs appropriations
Notons cependant quelques difficultés lors de la constitution de l’équipe liées au choix d’un de nos collègues qui finalement déclinera cette offre alors qu’il était pressenti pour occuper les fonctions de chef de service. Ainsi, Mme Agnès MARCHAL sera recrutée en novembre.
La réorientation professionnelle de l’auxiliaire de vie qui, ayant prospecté d’autres secteurs professionnels, décidera de quitter le navire avant l’ouverture et verra son poste sollicité par une salariée occupant la fonction de veilleur de nuit à temps partiel.
Enfin, la recherche d’infirmières s’avèrera complexe et difficile et, pour accueillir nos premiers usagers, nous aurons recours au conventionnement avec un cabinet d’infirmières libérales.
Devant la difficulté à pourvoir le temps partiel d’assistante sociale, le Centre Hospitalier de Compiègne sera sollicité pour passer convention sur ce poste ainsi que sur d’autres aspects permettant de garantir une qualité dans la prise en charge.
L’ensemble de la prestation « cuisine » pourra être traité dès l’ouverture grâce à la célérité des acteurs du Centre Hospitalier qui d’une part, seront d’un conseil précieux pour la mise en place de notre cuisine en liaison froide, et qui accepteront d’autre part de venir former le personnel sur site aux procédures de réception et de contrôle des aliments livrés par l’hôpital et de transmettre les règles de remise en température des plats. La maitresse de maison, recrutée au moment de l’ouverture de la structure est en charge de ces aspects hôteliers de l’institution. Une convention avec le CH de Compiègne est envisagée sur la prestation blanchisserie « linge-plat » à l’horizon du 1er trimestre 2011.
Outre les aspects ayant trait au fonctionnement structurel du LHSS « Le Pourquoi pas », les premiers résidants proposés par nos partenaires à l’admission ont aussi participé à leurs façons et avec leurs moyens, à la mise à flot du projet et de la structure. Ils ont proposé spontanément leurs compétences en aidant à la réalisation de certaines tâches et nous tenons à souligner la belle réalisation d’une huche à pain construite par l’un d’entre eux avec l’aide d’autres hébergés ; objet symbolique s’il en est pour un mets non moins symbolique, pour des personnes qui ont souvent connu la faim…
Grâce à ces personnes qu’il a fallu « apprivoiser » et découvrir, l’équipe s’est enfin confrontée à la réalité de l’accueil, à la mise en place des activités et des soins, au cadre à poser et aux limites à faire vivre et respecter. Avec tâtonnement en apprenant à mettre son génie professionnel au service des individus et du groupe dans un contexte d’accueil nouveau pour tous, chacun a commencé à se confronter au travail d’accueil et de soins et a ainsi pu prendre la mesure de la complexité des parcours de vie des personnes hébergées et soignées.
Notons que très vite, l’équipe médico-sociale du LHSS est prise à la croisée de plusieurs exigences :
- accueillir en offrant un hébergement permettant de façon temporaire de sortir de la précarité,
- soigner un problème de santé.
- aider les personnes à se réapproprier leur devenir.
L’objectif consiste donc très vite[1] à envisager une sortie de la structure avec les personnes dont les contingences sociales sont loin d’être évidentes et qui ne conduisent pas de façon inéluctable vers un retour à la précarité. Cela commence par une investigation de la couverture sociale dont disposent ou non les personnes. Cela implique pour l’équipe de solliciter les acteurs qui sont en relation avec les usagers, d’avoir aussi recours aux services associatifs et sociaux. Cela implique de ne pas faire les choses à la place de …, pour aller plus vite, mais de tranquillement se mobiliser pour solliciter sans délais les compétences dont disposent les personnes pour qu’elles se saisissent de leur projet et les conduisent elles-mêmes.
Notons que sur les deux personnes hébergées en 2010, à partir de mi-décembre, l’une était orientée par le service social du département de l’Oise, l’autre par « Café-Sourire » structure caritative gérée par le secours catholique qui vient en aide aux personnes démunies, sans domicile fixe.
La mise en expérience de l’accueil a conduit les professionnels à rapidement prendre la mesure et à accepter de n’être qu’un maillon de plus, pour un temps donné relativement court, dans la chaîne de solidarité qui se tisse autour des usagers.
Par ailleurs, si les aspects relatifs à la maladie et aux soins[2] avec ses composantes sociales semblent facilement cernables dès l’admission, il n’en demeure pas moins que pour permettre une prise en charge cohérente au plan institutionnel et afin d’œuvrer à un projet médico-social qui tienne compte de la capabilité[3] des usagers, le partage - au sens élargi[4] - sur les situations médicales doit pouvoir se faire dans l’intérêt des patients dans le cadre des réunions institutionnelles de l’équipe médico-sociale. Cette instance doit être le lieu où s’élaborent les éléments d’un projet médical et social partageable et partagé, avec les usagers.
En effet, nous le constatons rapidement dès la prise en charge des nouveaux résidants, ces aspects viennent impacter les perspectives de guérison voire, ont une incidence sur les ressources sociales mobilisées ou à activer, quelles qu’en soient les formes : logement, moyens financiers (RSA, Assedic, retraite, allocations, etc.) et leurs gestions, démarches à effectuer, lien social et familial à restaurer, à retisser, deuil à faire d’une situation perdue, d’une famille qui s’est disloquée, d’un pays qu’on a dû fuir.
Permettre aux personnes accueillies de se réapproprier un sens souvent « confisqué » par une errance et/ou un « dévissage » social sur lesquels ils n’ont plus prise depuis longtemps, nous impose une certaine humilité et une grande rigueur afin qu’avec les usagers au sein de l’équipe et avec nos partenaires, nous nous accordions sur les objectifs à soutenir et à poursuivre.
C’est le travail auquel l’ensemble de l’équipe s’attache depuis le 15 décembre 2010.
Jacques FORZY
Directeur
LES PREMIERS ECRITS
La mise en place de l'équipe pluridisciplinaire
16 novembre 2010, dans les locaux provisoires du LHSS, l'équipe pluridisciplinaire se constituait. Ce premier mois a été à la fois un temps de rencontre et de travail.
Les membres de notre équipe viennent de milieux différents, avec une histoire et des expériences de travail différentes. Aide soignants, éducateurs, veilleurs, chef de service, auxiliaire de vie, infirmière... Nous allions apprendre des uns et des autres et construire notre futur consensus d'équipe. Que nous ayons l'habitude de côtoyer la précarité, que nous en ayons un peu d'expérience ou le désir d'apprendre ; nos richesses propres se complèteront au fil du temps.
Toute cette période nous a permis d'être une bonne équipe, très soudée et nous sommes tous prêts à nous entraider les uns les autres dans nos difficultés mais aussi à partager de bons moments de convivialité.
L'élaboration des outils
Le mois précédent l'ouverture de la structure nous avons réfléchi ensemble sur nos outils, les différents règlements à mettre en place pour une bonne prise en charge de nos futurs résidants. Des visites dans des structures déjà en place sur Lille et Troyes nous ont donné une projection de ce que pourrait être notre travail au quotidien. Nous avons dû construire chacun de nos outils à partir de nos différentes expériences : recueil de soins, grille de soins, fiche de traitement etc.
Lors de notre formation sur la centrale incendie, nous avons pu visiter nos futurs locaux, se projeter était devenu ainsi un peu moins difficile ; les murs nous donnaient notre espace de fonctionnement.
L'ouverture de la structure
Un mois plus tard, nous pouvions investir nos locaux et commencer l'installation de ces derniers. Le matériel arrivait petit à petit, prenait sa place en bonne et due forme. C'est à ce moment que notre équipe s'est complétée avec l'arrivée de la maitresse de maison. Un nouvel esprit pour faire bouger les choses et donner son expérience et permettre ainsi d'améliorer ce qui avait été mis en place sur le papier.
Dès ce moment tout s'est enchainé très vite et nous accueillons bientôt nos premiers résidants.
De la théorie à la pratique
Fin décembre ; peu avant les fêtes de fin d'année nous avons reçu nos trois premiers résidants. Le quatrième est venu en tout début de la nouvelle année, suivi par d'autres.
Ces premiers résidants ont eu un impact très important sur notre fonctionnement et notre regard porté sur l'élaboration des dossiers de soins et d'accueil.
Leurs remarques justes et leurs conseils nous ont permis d'améliorer nos outils ; d'optimiser nos prises en charge.
Leurs talents ont été mis à l'honneur également : Mr G, ancien menuisier, a construit une huche à pain dans les couleurs du salon (rouge et or) dans lequel elle a désormais sa place. Mr P., cuisinier de formation nous fait partager goûters à thèmes, salade de fruits, conseils culinaires....
Tous les résidants arrivent avec leur passé, leurs espoirs, leurs craintes ; la nécessité de s'adapter à chacun est plus qu'importante mais pas toujours facile.
Carole JAMIN
Aide soignante
C'EST ARRIVE UN 28 DECEMBRE…
Cela faisait plus d'un mois que l'équipe des L.H.S.S ne faisait que des réunions, à raison de cinq par semaine et sept heures par jour. Epuisant, mais nécessaire pour commencer à se connaître mais surtout pour mettre en place les outils nécessaires au bon fonctionnement de notre structure pour les siècles à venir!!!
Nous sommes le 28 décembre 2011 et nous attendons l'arrivée de notre premier résidant. Impatients et excités à la fois car venant tous d'univers différents, pas un de nous n'avait travaillé dans une structure telle que les L.H.S.S. Tous les membres de l'équipe se posent à peu prés les mêmes questions: le dossier d'accueil est il prêt? La chambre faite? Le repas commandé? etc.
Monsieur S. arrive enfin sur le coup de quatorze heures ; l'aventure va enfin commencer!!! Ah, il était content le bonhomme, tout le monde était aux petits soins pour lui. Il fallait qu'il en profite car deux jours plus tard une nouvelle entrée était prévue, puis une autre et encore une autre et encore et encore.... Aujourd'hui, en date du 20 Janvier 2011 nous travaillons avec 8 résidants dont 1 femme et un chien. C'est vrai qu'on ne peut pas dire que nous sommes au top sur tous les points mais d'un autre côté, il n'y a qu'un mois que nous sommes « open » et comme dirait notre chef de service, les choses vont « s’huiler » petit à petit avec le temps. Il va juste falloir qu'on fasse gaffe à pas glisser! En tout cas, une chose est sûre, c'est qu'au niveau de l'équipe, la cohérence et la confiance sont là. Le seul problème que nous rencontrons à ce jour est lié au temps. C’est compliqué de travailler sur une réinscription sociale en quelques semaines. Refaire des papiers souvent perdus, se démener pour trouver un logement, renouer des liens... C'est relativement compliqué mais pour le moment pas impossible !!!
On refera le point l'année prochaine à la même époque ; on aura un peu plus de matière à vous fournir...
Stéphane PELTIER
Aide soignant
[1] Rappelons ici que la prise en charge est courte, deux mois maximum, le séjour ne pouvant être prolongé que pour raison de santé.
[2] Au sens de la définition de l’OMS
[3] L’idée de justice, ARMATYA SEN, Paris, Ed. Flammarion, 2009, p.185
[4] Le terme « élargi » est ici à prendre en compte au sens où il fut développé autour de la question du secret professionnel. En effet, si le secret médical appartient d’abord au patient et est dû à ce dernier par le corps médical qui lui est soumis, le partage d’informations strictement utiles au patient doit pouvoir, avec l’accord de ce dernier s’envisager, tout en préservant ce secret, dans le colloque singulier du patient et du médecin.