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LA COMMUNAUTE THERAPEUTIQUE DE FLAMBERMONT

MEMBRES DE L’EQUIPE

-         Mr Jacques FORZY-Directeur des structures résidentielles (1ETP).

-         Mlle Pascale CROSNIER-Chef de service (1ETP).

-         Me Nathalie HEYMES-Médecin généraliste (0,2 ETP)

-         Mlle Virginie BAILLE-Psychologue (0,2 ETP).

-         Mlle Barbara LOYER-Psychologue (0,5 ETP).

-         Mme Catherine PAILLART-Infirmière (0,1 ETP).

-         Mme Elise BOURSIER-Infirmière (0, 25 ETP).

-         Mme Michèle BASTARD-Educatrice spécialisée (1 ETP).

-         Mme Guylaine COULOMBE-Educatrice spécialisée (1 ETP).

-         Mme Valérie FRANCOIS-Aide Médico Psychologique (1 ETP).

-         Mr Xavier FOURNIVAL- Educateur spécialisé (1 ETP).

-         Mlle Lucie VERGNAUD, éducatrice spécialisée (1 ETP)

-         Mr Ludovic FAEDY-Moniteur éducateur (1 ETP).

-         Mme Christiane MOUEDEB-Animatrice (1 ETP).

-         Mr Sylvain LECLERCQ-Educateur technique (1 ETP).

-         Mr Serge ODOKINE-Educateur technique (1 ETP).

-         Mr Ibou NGOM-Veilleur de nuit (1 ETP).

-         Mr Jean-Luc LEROY-Veilleur de nuit (1 ETP).

Stagiaires

-         Mlle Jennifer JAROSZ-stagiaire éducatrice spécialisée.

-         Mlle Sandy MONCHATRE-stagiaire éducatrice spécialisée

-         Mr Quentin THIBAULT-stagiaire éducateur spécialisé

-         Mlle Amanda RACEL-stagiaire monitrice éducatrice

-         Mlle Elodie BRAYER-stagiaire éducatrice spécialisé

 

1 COMMENTAIRES DES STATISTIQUES

1.1 La file active et les admissions

1.2 La durée des séjours

1.3 Les femmes

1.4 Justice et placements extérieurs

1.5 Le comité de résidants (Conseil de Vie Sociale)

2 DONNEES CHIFFREES

2.1 File active

2.2 Motifs sortie du résidant

2.3 Nombre de projets de sortie préparés avec les résidants

2.4 Les actes

2.5 Répartition par sexe

2.6 Tranches d’âge

2.7 Moyenne d’âge

2.8 Origine géographique

2.9 Domicile des résidants avant hébergement

2.10 Statut matrimonial

2.11 Nombre d’enfants

2.12 Situation professionnelle avant hébergement

2.13 Origine principale des ressources

2.14 Origine de la demande

2.15 Répartition des résidants suivant les produits les plus dommageables

2.16 Voie intraveineuse

2.17 Autres modalités de consommation

2.18 Tranches d’âge début toxicomanie

2.19 Couverture sociale

2.20 Etat de santé des résidants

2.21 Les sevrages

2.22 Traitements de substitution

2.23 Justice

2.24 Les activités de groupes thérapeutiques

3 REFLEXIONS CLINIQUES

3.1 « Le rôle du psychologue au sein de la Communauté Thérapeutique de Flambermont. 3.2 Le cadre, le groupe et la parole comme outils thérapeutiques »

(Gabrielle ZANAROLI. Psychologue clinicienne)

3.3 « L’intervention du psychologue au sein du groupe thématique de phase 3 : un espace transitionnel entre le dedans et le dehors ; un espace transitionnel entre l’éducatif et le psychologique. »

(Gabrielle ZANAROLI. Psychologue clinicienne)

3.4 Les actes du psychologue

3.5 « Carton plein » (Valérie FRANCOIS et les participants à l’atelier carton) 

3.6 Le loisir comme élément du soin (Ludovic FAEDY. Educateur sportif)

3.7 Considérations sur le travail par phases au sein de la communauté thérapeutique

                        ( Lucie VERGNAUD et Xavier FOURNIVAL,  Educateurs)

3.8 Rapport activité phase 2 (Ludovic FAEDY, Educateur sportif) 

 

1 COMMENTAIRES DES STATISTIQUES

1.1 La file active et les admissions

Les 3 personnes rencontrées par l’équipe et non comptabilisées dans le nombre de résidants hébergés dans l’année correspondent à :

-          une femme qui s’est présentée à la gare très alcoolisée et qui suite au refus de l’éducatrice de l’emmener à la CT s’est montrée violente envers elle aussi bien en paroles qu’en actes,

-          2 personnes (pas dans le même temps) qui après toutes les procédures d’admission et la mise en chambre, n’ont pas souhaité rester à la CT (départ le soir même ou le lendemain matin de l’arrivée)

L’arrivée de 3 personnes a été retardée :

-          Pour 2, d’un jour ; ils s’étaient présentés alcoolisés à la gare et nous leur avons donc proposé de s’y représenter le lendemain  « clairs », ce qu’ils ont fait.

-          La 3ème personne, ayant manqué son train n’a été admise que la semaine suivante. En effet, les admissions se font généralement par groupe de 2. L’après-midi est organisée en fonction de l’heure d’arrivée des nouveaux résidants et les retards (hormis ceux – fréquents – de la SNCF) ne sont pas acceptés.

5 personnes qui devaient être admises ne se sont pas présentées à la gare et nous n’avons pas eu de nouvelles.

En 2010 nous avons reçu 318 demandes d’admission par courrier. Il est répondu à toutes les lettres dans un délai plus ou moins long (maximum 3 semaines). En fonction du nombre de places disponibles nous répondons aux candidats soit de nous recontacter plus tard s’ils n’ont pas trouvé de place ailleurs, soit nous leur fixons un RDV téléphonique, soit nous leur disons non, leur demande étant trop inadaptée aux objectifs proposés par la CT.

Sur ces 312 personnes (6 ont fait 2 courriers), 43 personnes ont été admises en 2010 (nous avons accueilli 47 nouveaux résidants en 2010 – 4 arrivées étaient dont planifiées à la fin de l’année précédente). L’admission de 10 personnes ayant fait une demande en 2010 est planifiée pour 2011.

Nous devons aussi noter que sur toutes les personnes à qui il est proposé un entretien téléphonique (environ 40%) une partie non négligeable de celles-ci ne donne pas suite soit qu’elles aient trouvé une place ailleurs (ce dont nous sommes rarement informés – 7 cette année), soit pour une autre raison que nous ignorons.

La file active a été calculée sur 30 résidants pendant les 6 premiers mois et sur 35 les 6 derniers mois. En effet, nous n’avons pu réellement ouvrir le nouveau bâtiment que fin juin, y faisant déménager les femmes (auxquelles nous avions réservé un espace de 7 places. Le taux d’occupation maximum a été de 5 femmes) et les résidants très récemment accueillis pour lesquels 6 places étaient réservées dans 2 chambres à 3. Ainsi en juillet nous avons accueilli 5 nouveaux résidants (dont une femme).  

Nous avons conservé la maison que nous avions louée à Saint Martin le Nœud en 2009 afin d’augmenter notre capacité d’accueil alors que le nouveau bâtiment était en cours de construction.

Cette maison réservée aux résidants du Groupe 3 a été occupée en permanence par 3 résidants maximum (même si le Groupe 3 a accueilli simultanément 4 résidants). En effet ce début d’autonomie offert à des résidants ayant déjà un long parcours dans la communauté s’est toujours révélé une étape importante et valorisante pour eux. C’est en effet en même temps le témoignage de la confiance que nous leur accordons et un pas de plus vers leur future autonomie. Ainsi nous avons droit à deux cas de figure : des résidants qui demandent d’eux-mêmes à aller dans cette maison, leur parcours leur semblant inabouti sans cela et d’autres qui « rechignent » un peu à quitter « le cocon Flambermont ».

1.2 La durée des séjours 

1/3 des personnes accueillies cette année ont fait un séjour suffisamment long pour qu’on puisse dire comme François Truffaut à propos de tout autre chose qu’ils ont eu : un début, un milieu et une fin, ce qui veut dire que nous avons réussi avec ces personnes, avec le groupe, avec les outils proposés par la CT à mettre en place une stratégie « suffisamment bonne » et contenante pour qu’ils ne se découragent pas, que leurs difficultés et éventuelles rechutes durant les week-ends à l’extérieur, leurs projets à l’intérieur de la CT et pour leur avenir soient travaillés de façon satisfaisante pour eux.

En revanche, nous devons déplorer le départ de 8 résidants ayant moins d’un mois de séjour (dont 4 exclusions) et de 5 autres ayant un peu plus d’un mois (autour de 5 à 6 semaines) de séjour.

Nombre de ces départs (6) se sont produits en tout début d’année avant que l’accueil « fil rouge » avec les résidants ne soit vraiment structuré et avant la mise en place d’une réunion spécifique le samedi en début d’après-midi, pendant le mois d’accueil (nous en avons fait 34 cette année) avec les nouveaux arrivants.

Nous avons toujours été conscients de la difficulté pour les personnes accueillies de trouver leur repères, de comprendre le fonctionnement de la CT, de « se faire la bonne place » c’est à dire ni trop en retrait ni trop dans le rapport de force, mais l’aide que nous leur apportions était un peu « désorganisée ».

Cette année entre la participation active des résidants anciens et l’implication plus importante de l’équipe avec les nouveaux, nous avons essayé de trouver un mode d’accueil plus rassurant. Ceci étant dit, nous ne pouvons rien faire contre le manque de motivation à cesser l’usage de produit ou à quitter certains comportements liés à cet usage. On peut imaginer que des résidants viennent juste vérifier cela en venant à la CT, et ils repartent donc très rapidement. Pour cela les arguments avancés vont toujours être les mêmes : des personnes de leur famille sont malades et ont besoin d’eux, des problèmes administratifs qu’ils doivent absolument régler à l’extérieur ou encore et souvent : les autres résidants qui etc. etc.

 10 résidants ont fait des séjours allant de plus de 3 mois à un an.

Nous pouvons dire qu’un des caps difficiles se situe autour de 6 mois – impression de stagner, sentiment du temps qui passe et difficultés d’imaginer un projet pour le futur ou tout simplement de mettre en place des objectifs au cours des bilans.

Les résidants peuvent se décourager vite et ont toujours besoin d’être stimulés. Pour certaines personnes, même organiser un projet week-end à l’extérieur est difficile et nous manquons nous mêmes parfois d’imagination pour les y aider devant leur absence de désir et d’intérêt. 

Le vide, comblé par les drogues quelles qu’elles soient, laisse la place à une sorte  « d’hébétude » devant un temps qu’ils ont à imaginer. Un bon week-end, une bonne journée c’est du temps qui passe vite et non des plaisirs retrouvés.

Heureusement, un certain nombre de résidants arrivent à passer ce cap, à prendre des responsabilités  dans la CT, à s’en trouver valorisés, à reprendre confiance en eux et de ce fait à se risquer vers l’extérieur et à commencer à faire des projets sérieux et cohérents pour leur avenir.

Les résidants qui font plus d’un an de séjour ont tous, en même temps qu’ils conservent et élargissent leurs responsabilités au sein de la CT, mis en place des projets à l’extérieur, aussi bien au niveau des loisirs (inscription dans une salle de gym, un centre de tir à l’arc, une équipe de foot…) qu’au niveau du suivi de leur démarches administratives et de leurs projets de réinsertion. Les allers et retours entre l’extérieur et l’intérieur de la CT leur donnent les moyens aussi bien d’affirmer leurs capacités à s’organiser, que de maintenir leur abstinence (particulièrement vis à vis de l’alcool).

1.3 Les femmes

Cette année nous avons accueilli un peu plus de femmes, mais leur profil n’était guère différent de celui des hommes, si ce n’est au niveau de la justice (une seule résidante avait été incarcérée et une autre avait eu des problèmes avec la justice).

Nous avons dû faire face à des problèmes relationnels entre elles qui nous ont amenés à mettre en place un groupe spécifique ‘le groupe des femmes » (5 réunions). Cette mise au travail n’a pas été suffisante et nous avons dû procéder à deux exclusions (une de ces femmes était en placement extérieur, elle est donc retournée à la Maison d’Arrêt de Beauvais).

1.4 Justice et placements extérieurs 

Nous  avons accueilli cette année 6 résidants en placement extérieur. 3 de ces résidants ont été exclus (2 pour violence et un pour introduction/détournement et mésusage de traitement). Par contre deux personnes ont poursuivi leur séjour au delà de leur placement. Comme nous le disions déjà dans notre rapport 2009, les demandes d’aménagement de peine, si elles sont de plus en plus nombreuses, demeurent difficiles à évaluer du fait des conditions liées à l’incarcération et une fois les personnes accueillies, il leur est très difficile de ne pas réintroduire sur place les fonctionnement qu’elles avaient en prison et qui leur paraissait pratiquement « normaux », d’autant plus qu’ils leur ont souvent permis de supporter leur incarcération.

De plus, ils retrouvent à la CT un certain nombre de résidants qui ont un long passé carcéral et qui ne sont pas toujours au clair avec la différence à faire et le sens à donner aux règles de la CT en comparaison avec celle d’une maison d’arrêt. L’arrivée d’une personne en placement extérieur peut donc raviver chez ces derniers certains comportements sur lesquels ils venaient juste de commencer à s’interroger.

1.5 Le comité des résidants (Conseil de la vie sociale)

En 2010 le comité a été particulièrement dynamique en jouant parfaitement son rôle qui est divers : à la fois force de proposition pour les nouveaux projets, médiateur auprès de résidants en difficulté et qui ont du mal à s’adresser à l’équipe ou participation à des confrontations en cas de conflit.

Nous nous sommes réunis 18 fois cette année avec le Comité (composé de 5 à 6 personnes) et à chaque fois un ordre du jour important a été préparé par les 2 parties et a donné lieu à un compte-rendu rédigé par les résidants et avalisé (ou corrigé…) par la chef de service après consultation de l’équipe. Ce compte-rendu est ensuite affiché pour l’ensemble de la communauté.

En 2010 le comité a été à l’origine de :

 -          la mise en place et de la rédaction d’un contrat spécifique pour l’utilisation des téléphones portables à l’intérieur de la CT pour les Groupe 2 et les Groupe 3,

-          l’utilisation des véhicules de la structure pour des résidants, pas seulement en tant que simples conducteurs mais aussi en tant que « chargés de missions »,

-          la possibilité de séjours plus longs qu’un simple week-end pour des personnes dans une démarche de soin positive et en fonction d’un projet allant dans ce sens,

-          la mise en place d’un résidant coordinateur des chantiers (obligatoirement Groupe 3). Ce résidant fait le tour des différents chantiers (dont la responsabilité est également assurée officiellement par un « ancien » afin d’être tenu au courant de ce qui va et ne va pas. Il prend des notes chaque jour et en réfère aux éducateurs techniques afin de préparer avec eux la réunion de fin de semaine et organiser au mieux ces plages horaires dans la maison,

-          de façon plus anecdotique, le comité a également organisé le programme de la coupe du monde de foot afin que chacun y trouve son compte,

-          à chaque réunion nous faisons également le point sur les difficultés dans la maison et aussi dans leur partenariat  avec nous,

-          menée par le comité, la communauté thérapeutique a été pleinement impliquée dans l’organisation et la tenue des 30 ans du SATO-Picardie (soirée à Flambermont, organisation et tenue du buffet au cours du colloque à la Maladrerie de Beauvais, accompagnement de visiteurs et d’invités etc.),

-          de même, chaque fois que nous avons des visites d’équipes souhaitant nous rencontrer, le comité est toujours impliqué.

Nous devons ajouter qu’en 2010 les réunions avec le comité (qui se tiennent le mercredi à 18h13)  ont toujours été des moments de travail productifs amenant de réels projets dans la CT, mais également des temps de convivialité, d’échange et de débat.

De plus, nous avons vraiment pu apprécier en 2010 la solidarité qui régnait parmi les membres du comité aussi bien pour tenir leurs engagements que pour aider les autres résidants moins impliqués dans leur soin.

Pascale CROSNIER  

Chef de service  

 

2 DONNEES CHIFFREES

2.1 File active

 

2008

2009

2010

Nombre de personnes prises en charge par l’équipe*

0

2

3

Nombre (d’admission)  de résidants hébergés dans l’année

68

55

64

- dont nombre de résidants sous « placement extérieur »

2

7

6

 * Il s’agit de personnes rencontrées effectivement et pour lesquelles il n’y a pas eu de suite  (du fait de

sa propre initiative ou du refus de l’équipe).

 2.2 Durée de séjour

 

2008

2009

2010

Nombre total des journées d’hébergement réalisées

7573

7615

9202

Durée moyenne d’hébergement en jours

112

139

144

Taux d’occupation

73,24%

75,96%

78,54%

Nombre de résidants sortis entre le 1er janvier et le 31 décembre

50

33

36

- dont au plus un mois

17

9

8

- dont de 1 à moins de 3mois

8

10

10

- dont de 3 à moins de 6 mois

9

2

6

- dont de 6 mois à 1 an

10

7

4

- dont plus de 1 an

6

5

8

Nombre de sorties effectuées

50

34

36

2.3 Motifs de sortie du résidant

 

2008

2009

2010

Contrat thérapeutique mené à terme

15

11

14

Réorientation vers une structure médico-sociale plus adaptée

2

2

1

Exclusion par le centre

13

11

8

- dont temporaire*

9

9

5

- dont définitive**

4

2

3

Hospitalisation durable

0

0

0

Rupture à l’initiative du résidant

19

9

12

Décès

1

0

0

Autres (précisez)

0

1

0

*Le résidant peut ultérieurement se manifester et faire à nouveau une demande d’hébergement.

** Le résidant ne peut plus faire de demande d’hébergement.

2.4 Nombre de projets de sortie préparés avec les résidants

 

2008

2009

2010

Avec la structure qui a orienté vers le centre d’hébergement

5

7

9

Avec une autre structure sanitaire et sociale

6

2

2

Avec des structures d’insertion professionnelle

0

0

1

Avec des structures d’hébergement

6

3

4

Avec la famille du résidant

0

6

1

Autres

0

2

6

Expériences professionnelles réalisées durant le séjour

3

3

7

- dont CDD

0

0

3

- dont CDI

1

0

0

- dont missions intérim

0

0

0

- dont stage qualifiant

1

2

3

- dont autres (bénévolat)

1

1

1

2.5 Les actes

 

2008

2009

2010

Médecins généralistes

560

480

510

Infirmiers

7900

7900

7900

Psychologues

190

536

518

Educateurs spécialisés/Techniques/Animateurs

nr

7200

8500

Nombre d’accompagnement réalisés à l’extérieur du centre

1671

1852

1881

- dont activités collectives organisées à l’extérieur du centre

640

650

680

- dont accompagnements des résidants pour démarches extérieures

1020

1200

1300

- dont autres (olympiades en Slovaquie)

1

2

1

2.6 Répartition par sexe

 

2008

2009

2010

Femmes

5

8

10

Hommes

63

47

54

Total

68

55

64

2.7 Tranches d’âge 

 

2008

2009

2010

Moins de 20 ans

0

0

0

dont moins de 18 ans

0

0

0

20-24 ans

2

2

1

25-29 ans

6

7

6

30-39 ans

31

21

31

40-49 ans

27

22

23

50-59 ans

2

3

4

60 et plus

0

0

0

2.8 Moyenne d’âge

 

2008

2009

2010

Femmes

28,5

35,5

32

Hommes

39

38

39

Générale

38

37,5

37,5

 2.9 Origine géographique

 

2008

2009

2010

Originaires de la région

7

14

4

Originaires du département

6

12

10

En provenance d’autres régions

61

41

50

2.10 Domicile des résidants avant  hébergement  

 

2008

2009

2010

Durable

13

16

20

Provisoire

23

17

12

SDF

31

16

27

Etablissement pénitentiaire

1

6

5

 2.11 Statut matrimonial

 

2008

2009

2010

Célibataire

57

44

46

Union libre

0

3

2

Marié

1

3

2

Séparé

6

3

8

Divorcé

4

2

6

Veuf (e)

0

0

0

 2.13 Nombre d’enfants 

 

2009

2010

 

A charge

Non à charge

A charge

Non à charge

Un

3

8

7

4

Deux

4

7

4

3

Trois

0

1

1

1

Quatre et plus

0

0

0

1

2.14 Situation professionnelle avant hébergement 

 

2008

2009

2010

Avaient un emploi

11

8

3

- dont CDI

nr

5

1

- dont CDD ou stage rémunéré

nr

3

2

- dont travailleur indépendant

1

0

0

2.15 Origine principale des ressources 

 

2008

2009

2010

Revenus de l’emploi (y compris retraite, pension invalidité)

0

3

3

Assedic

11

7

12

RMI/RSA

38

33

33

AAH

8

6

9

Autres prestations sociales

0

0

0

Ressources provenant d’un tiers

2

1

1

Autres ressources (y compris sans revenu)

9

5

6

 2.16 Origine de la demande 

 

2008

2009

2010

Initiative du résidant ou des proches

6

5

3

Médecin de ville

0

0

3

Structures spécialisées (CCAA, CSST, autres.)

42

31

31

- dont centre de soins SATO/Creil

nr

1

3

- dont centre de soins SATO/Beauvais

nr

4

3

- dont centre de soins SATO/Compiègne

nr

2

4

Equipe de liaison

0

0

0

Autre hôpital, autres sanitaires

8

6

10

Institutions et services sociaux

2

0

0

Services de la justice

9

2

2

Autres

1

4

5

 2.17 Répartition des résidants suivant les produits les plus dommageables

 

1er produit

le plus dommageable

2ième produit

le plus

dommageable

3ième produit

le plus dommageable

Alcool

17

25

9

Tabac

0

0

0

Cannabis

0

15

45

Opiacés

10

5

0

Cocaïne et crack

10

4

5

Amphétamines, ecstasy, …

0

0

5

Médicaments psychotropes détournés

14

10

0

Traitement substitution détourné

8

5

0

Autres

5

0

0

Pas de produits

0

0

0

Non renseigné

0

0

0

Total (10% de la file active)

64

64

64

2.18 Voie intraveineuse *

 

2009

2010

Ayant utilisé la voie intraveineuse lors du mois précédent l’admission

15

8

Ayant utilisé la voie intraveineuse antérieurement (auparavant au dernier mois)

19

25

N’ayant jamais utilisé la voie intraveineuse antérieurement

21

31

Non renseigné

0

0

* Au moment de l’admission. 

2.19 Autres modalités de consommation *

 

2009

2010

Sniffé

15

22

Injecté

34

33

Mangé/Bu

3

4

Fumé

3

5

Non renseigné

0

0

* Avant l’hébergement. 

2.20 Tranches d’âge début toxicomanie

 

2009

2010

Moins de 18 ans

39

41

18-24 ans

12

18

25-29 ans

4

4

30-34 ans

0

0

35-39 ans

0

0

40-44 ans

0

1

45-49 ans

0

0

50 ans et plus

0

0

 2.21 Couverture sociale

 

2009

2010

Régime général et complémentaire

10

18

Régime général sans complémentaire

3

1

CMU avec complémentaire

30

32

CMU sans complémentaire

7

8

Sans couverture sociale

2

1

Aide Médicale d’Etat

3

4

2.22 Etat de santé des résidants

 

2009

2010

Taux de renseignement HIV

100%

100%

Tests effectués

47

57

Séropositifs

2

3

Nombre de résidants sous traitement

0

2

 

 

 

Taux de renseignement VHC

100%

100%

Tests effectués

47

57

Séropositifs

24

22

Nombre de résidants sous traitement

7

5

Nombre d’hépatites C guéries

7

6

 

 

 

Taux de renseignement VHB

100%

100%

Tests effectués

47

54

Nombre de vaccinations réalisées par le centre

0

0

Séropositifs

15

18

 

 

 

Nombre de prélèvements sanguins réalisés au centre

100

105

Nombre de résidants orientés vers le CPES

48

25

Nombre actes « bobologie » réalisés au centre

800

850

Nombre acte de distribution de traitement

26740

26900

 

 

 

Nombre de résidants présentant des comorbidités psychiatriques

13

26

Nombre de résidants qui ont bénéficie antérieurement d’un suivi spécialisé

30

39

2.23 Les sevrages *

 

2009

2010

Nombre de sevrages réalisés

20

17

- dont ambulatoire

2

0

  • Buprénorphine

1

0

  • Méthadone

1

0

  • Alcool

0

0

  • benzodiazépine

0

0

  • héroïne

0

0

  • autres

0

0

- dont hospitaliers

18

17

  • buprénorphine

0

0

  • méthadone

0

0

  • alcool

8

6

  • benzodiazépine

1

0

  • héroïne

3

2

  • autres

6

9

* Avant l’hébergement. 

2.24 Traitements de substitution

 

2008

2009

2010

Nombre de résidants hébergés sous traitement

49

38

49

- dont résidants sous buprénorphine

16

18

16

- dont résidants sous méthadone

33

20

33

Nombre résidants sous autres traitement à visée substitutive

0

0

0

Nombre de résidants sans traitement

19

17

15

2.24.1 Méthadone

 

2009

2010

Nombre de femmes

3

7

Nombre d’hommes

17

26

Total

20

33

Nombre de résidants sortis du programme au cours du séjour

1

3

-  dont devenus abstinents

1

3

- dont autres prescriptions de substitution

0

0

- dont à l’initiative de l’équipe (pour mésusage)

0

0

2.24.2 Buprénorphine 

 

2009

2010

Nombre de femmes

3

1

Nombre d’hommes

15

16

Total

18

17

Nombre de résidants sortis  du programme au cours du séjour

1

1

- devenus abstinents

1

1

- dont autres prescriptions de substitution

0

0

- dont à l’initiative de l’équipe (pour mésusage)

0

0

2.24.3 Médicamenteux (type BZD ou autres. Précisez) 

 

2009

2010

Nombre de femmes

8

8

Nombre d’hommes

32

28

Total

40

36

Devenus « sans prescription » au cours du séjour

8

2

2.25 Justice

 

2008

2009

2010

Nombre résidants  suivis sous main de justice

29

34

34

- dont obligation de soin

9

9

12

- dont contrôle judiciaire

6

3

6

- dont injonction thérapeutique

2

3

2

- dont bracelet électronique

0

0

0

- dont en «  placement extérieur »

2

7

6

- dont autres

10

8

14

- dont non renseigné

0

2

0

Sans objet

39

23

30

 2.26 Les activités de groupe thérapeutiques *

 

2009

2010

 

Nbre/an

Nbre résidants

Nbre/an

Nbre résidants

Réunion «chantiers »

52

Tous

52

Tous

Réunion de «  convivialité »

52

Tous

52

Tous

Réunion « Maison »

52

Tous

52

Tous

Réunion de groupe

156

468/780

150

tous

- dont G1 (Phase I)

52

156/260

50

de 8 à 14

- dont G2 (Phase II)

52

156/260

50

de 8 à 12

- dont G3 (Phase III)

52

156/260

50

de 3 à 5

Réunion « week-end »

50

100/500

52

de 4 à 13

Réunion « Comité »

6

36

18

de 4 à 6

Briefing du lundi

50

Tous

50

Tous

Bilans

122

 

142

56

Atelier « cuisine »

52

156

52

2 à 3

Atelier « bâtiment »

30

90/240

 

 

Atelier « jardinage »

20

60/100

 

 

Atelier « création »

12

36

36

3 à 5

Atelier « chevaux et ânes »

20

40/60

21

3 à 4

 * sont considérées comme activités de groupe thérapeutiques les activités thérapeutiques associant plusieurs

résidants avec au minimum un soignant.

  3 REFLEXIONS CLINIQUES

3.1 « Le rôle du psychologue au sein de la Communauté thérapeutique de Flambermont ;

Le cadre, le groupe et la parole comme outils thérapeutiques. »

 C’est avec un grand plaisir que je participe, grâce à cet écrit, au rapport d’activité après une petite année de pratique professionnelle au sein de l’équipe de la Communauté thérapeutique de Flambermont.

La communauté thérapeutique : le cadre comme outil thérapeutique 

J’aimerais commencer ma réflexion en détaillant mes premières impressions quant au cadre proposé par Flambermont. Ce type de structure d’hébergement, la communauté thérapeutique est, à mon sens, à comprendre comme un lieu de vie contenant et protecteur. Bien que les règles soient souvent discutées par les résidants et vécues comme des contraintes parfois insupportables, elles viennent imposer une contenance et des limites là où ils n’avaient pas l’habitude de s’en mettre.

 En effet, elles viennent limiter leurs impulsions, leurs conduites addictives et les comportements qui peuvent y être associés. Ce cadre permet alors l’émergence d’un travail thérapeutique au long cours ; bien que « les murs ne soient pas thérapeutiques en eux mêmes mais deviennent le support d’une relation soignante s’ils s’inscrivent dans l’élaboration, sur les deux versants (apprentissages sociaux et changements psycho-affectifs), d’un cadre centré sur des objectifs contractualisés entre soignant et soigné  ». (A. Morel & al.).

En outre, les résidants sont amenés à s’engager dans une temporalité qu’ils doivent se réapproprier et ainsi s’abstraire d’un mode de fonctionnement d’urgence « du tout, tout de suite ». Pour étayer mon propos je citerai P. Gestin et de G. Lambrette : « Penser la communauté thérapeutique comme un milieu temporel propre à réintroduire pour le sujet une multitude de temps auxquels habituellement chacun de nous est confronté […] Le passage d’un temps court, sociobiologique, de la toxicomanie à celui d’un temps long de la communauté, celui d’un passage du "présentisme" à une "re-temporalisation" pour l’individu ». 

De plus, par certains aspects, la communauté thérapeutique peut faire penser à un environnement familial dans lequel les résidants soient amenés à rejouer leurs problématiques individuelles. Cet environnement ne peut faire l’économie d’être « suffisamment bon » au sens winnicottien du terme.  

En effet, il doit donner aux résidants des réponses équilibrées quant à leurs attentes et de manière plus générale dans la prise en charge éducative et sociale au quotidien. C’est une entreprise périlleuse que de trouver le juste milieu entre ni trop ni trop peu pour chacun des trente résidants tout en jonglant avec les aléas du quotidien. Il est cependant primordial d’éviter le « trop » de contenance et de réponses qui feraient vivre aux résidants une expérience de toute puissance et d’omnipotence, qui pourrait rappeler les sensations qu’ils éprouvent lors de prises de toxiques.

En outre, certains d’entre eux ont souffert et souffrent encore de carences à la fois éducatives et plus structurelles, lors de leur construction identitaire et un cadre « trop peu » contenant viendrait réactiver des angoisses archaïques et un sentiment d’insécurité psychique.

Ainsi, le cadre offert par la communauté thérapeutique de Flambermont semble constituer pour les résidants un facteur de changement non négligeable, dont chaque membre de l’équipe et moi-même sommes garants. Pour certains résidants il constitue également une première mise au travail afin d’en accepter les contraintes et de ne plus les vivre comme source de frustration.

Les relations avec l’équipe éducative et la Direction :

Mes relations avec l’équipe éducative et la direction se sont tissées petit à petit, jusqu’à permettre un véritable échange à la fois sur des questionnements quant aux postures professionnelles de chacun et sur la personnalité et les modes de fonctionnement psychique des résidants accueillis. Il s’agit pour moi d’apporter un étayage clinique nécessaire à l’équipe éducative sur ces différentes questions, tentant de me rendre la plus intelligible et compréhensible possible.  

Concernant les attitudes professionnelles de chacun, il semble encore difficile de les aborder dans des temps formels. Ces questionnements sont plus discutables en individuel et dans des situations concrètes de prise en charge. Il semblerait important de permettre à l’ensemble de l’équipe éducative d’avoir un espace neutre de supervision afin d’élaborer davantage leurs postures professionnelles, du fait des situations auxquelles ils sont confrontés et des problématiques des résidants.

Par ailleurs, je tente de remplir mon rôle de psychologue auprès de l’équipe, principalement lors des réunions institutionnelles, apportant mon point de vue clinique. Un temps m’est institutionnellement accordé afin de présenter les résidants nouvellement accueillis. Il s’agit de transmettre à l’équipe les événements marquants de leur parcours de vie ainsi que leur mode de fonctionnement psychique. J’invite également l’équipe à exprimer ses réactions et ressentis par rapport aux premiers contacts établis avec ce nouvel arrivant. Il me semble important de déterminer ensemble et dès la phase d’accueil les pistes de travail et les outils thérapeutiques à mettre en œuvre pour définir un accompagnement efficient. Pour certains, la démarche de soin a été motivée par des raisons extrinsèques et elle reste teintée d’une grande ambivalence et il semble primordial de le repérer rapidement pour les aider à se la réapproprier.

Enfin, je suis heureuse de pouvoir contribuer au bon fonctionnement de Flambermont de par mon partenariat avec la Direction. Un travail que j’effectue au quotidien avec Pascale Crosnier, la Chef de service, grâce à des temps d’échanges et de transmission d’informations. Nous sommes par exemple allées toutes les deux rencontrer une équipe du CHU de Clermont afin de discuter de la prise en charge d’un résidant en situation de rupture. J’ai également des temps d’échanges avec Jacques Forzy, le Directeur d’établissement, sur des questions d’ordre organisationnel. J’apprécie particulièrement ces échanges avec la Direction, car tous deux à leur manière et avec leurs expériences respectives me permettent de conforter ma position de cadre.

Le rôle du psychologue auprès des résidants : le groupe et la parole comme outils thérapeutiques 

Ma première constatation, concernant mon travail auprès des résidants, porte sur la richesse clinique et la diversité des activités auxquelles j’ai été confrontée durant cette première année.

En effet, j’ai été amenée à effectuer des activités cliniques très diversifiées. La prise en charge psychologique à Flambermont s’appuie principalement sur une approche groupale. J’anime donc des groupes de parole. Les résidants s’y retrouvent en fonction de leur groupe de phase et j’ai pu constater que les thèmes abordés par chaque groupe répondent de façon quasi systématique au projet institutionnel tel qu’il est défini. En effet, les résidants du groupe de phase « accueil » apportent des thèmes qui traitent de leur intégration au sein de la structure, de la façon dont ils se projettent à plus ou moins long terme, de leurs attentes quant à leur démarche de soin et de la manière dont ils vivent la séparation d’avec le monde extérieur. Les résidants du groupe de phase « groupe 1 » (la phase d’intégration) sont quant à eux encore beaucoup aux prises avec des envies de consommations, des difficultés quant à l’acceptation du cadre et l’édification d’un lien de confiance avec l’équipe éducative. Les résidants du groupe de phase « groupe 2 » (la phase de maturation) sont moins défensifs que ceux du groupe de phase « groupe 1 » et semblent capables de parler de questionnements plus personnels ; du fait sans doute de leur engagement « véritable » dans le processus thérapeutique. Durant les groupes de parole aucun sujet n’est imposé, chacun est libre de s’exprimer sur les thèmes qu’il souhaite et parfois certains arrivent avec un texte, un livre ou encore une pensée qu’ils partagent avec le reste du groupe. J’interviens également auprès du groupe de phase « groupe 3 » (autonomisation et préparation à la sortie) en co-animation avec les éducateurs référents (cf. texte « L’intervention du psychologue au sein du groupe thématique de phase 3 : un espace transitionnel entre le dedans et le dehors, un espace transitionnel entre l’éducatif et le psychologique »). Le groupe au sein de la communauté thérapeutique de Flambermont incarne le socle du projet thérapeutique. De par sa dimension sociale il permet de resocialiser les résidants petit à petit et de les aider à recréer du lien avec l’environnement, très longtemps négligé lorsqu’ils étaient dans les consommations de toxiques. Le groupe leur permet également de partager leurs expériences ce qui constitue un premier travail d’élaboration de leur parcours. En outre, il offre au résidant la possibilité de se voir tel qu’il est vu par les autres et c’est à partir de la confrontation à cette image de lui-même et à celle d’autrui que la reconstruction, la découverte de soi et un changement peuvent s’opérer. En effet, le groupe participe à leur « reconstruction » psychique par le jeu d’identification. Enfin, il constitue un soutien dans la démarche de soin, surtout pour des personnes qui sont très isolées et ne bénéficient d’aucun soutien extérieur. Le groupe est alors à comprendre en terme « d’enveloppe psychique », c’est-à-dire, que grâce aux interactions, aux réflexions, parfois brutales d’ailleurs, il permet l’émergence de la pensée, de la parole et de l’introspection. Pour reprendre les termes de René Kaës : « Le groupe thérapeutique avec ses limites temporelles et spatiales, la pluralité des sujets qui la composent offre un appui intéressant à la fois pour la construction d’une enveloppe psychique et pour la figuration de sa construction ».

Cependant cette approche groupale n’est pas suffisante pour certains résidants, du fait de leurs problématiques et leur fonctionnement psychique. Lors des prises en charge psychologiques en individuel  j’adapte le cadre (durée et fréquence des entretiens, utilisation de médiations thérapeutiques) en fonction des besoins des résidants. L’utilisation de médiations thérapeutiques est parfois nécessaire pour permettre l’émergence de la parole, stimuler les processus d’élaboration, d’association d’idées et permettre l’accès au processus secondaire. J’utilise pour ma part, principalement l’écriture et  le photolangage. Ce dernier est un outil peu connu qui a pourtant des vertus thérapeutiques non négligeables. Il s’agit d’une médiation thérapeutique basée sur la présentation de photos figuratives. Cette technique a été développée en 1965 par un groupe de psychologues et psycho-sociologues lyonnais, parmi lesquels plusieurs pratiquaient la photo de façon professionnelle ou du moins semi-professionnelle. Rappelons que le visuel constitue le fondement des premières relations entre la mère et le nourrisson. En effet, le nourrisson expérimente par le visuel le fait de se voir dans le regard de sa mère et de s’y reconnaître comme un objet investi affectivement. Le visuel a donc une fonction d’autoreprésentation, d’investissement narcissique mais aussi de dégagement d’un Moi différencié et participe ainsi à l’ébauche de la construction identitaire. En outre, « la particularité du regard, c’est non seulement d’être une fenêtre sur la vie intérieure et les sentiments de l’autre, le reflet visible de son état interne mais il s’agit aussi d’un mode de communication qui ne se résume pas à être le simple reflet de l’image de soi renvoyée en miroir par l’autre. » (C.Vacheret). Les entretiens en individuel avec l’aide des médiations thérapeutiques permettent à ces résidants de « retrouver » la parole. Comme disait Lacan : « là où la parole se défait, commence la violence ». Il s’agit donc d’aider les résidants à « retrouver » la parole, permettant une mise en pensée, une mise en sens nécessaire à leur rétablissement. Ils accèdent alors à la symbolisation dans un espace intersubjectif. La parole vient alors se substituer au passage à l’acte pulsionnel et permet l’émergence de l’expérience de soi. Qu’il s’agisse de la prise en charge individuelle ou groupale, je les amène à objectiver et expliciter leurs expériences, qu’elles soient passées ou relatives à ce qu’ils vivent au sein de la structure. Pour certains résidants inhibés et extrêmement désocialisés cette expérience est véritablement anxiogène et doit se faire progressivement.

 En outre, j’ai effectué des restitutions de compte rendu de prise en charge psychologique lors des départs des résidants. Ce temps de restitution est primordial car il permet au résidant de se réapproprier son parcours de vie, ses problématiques psychiques et le travail effectué. Il permet également de structurer un lien avec le prochain suivi psychologique et de faciliter un nouveau contact. Enfin, j’ai réalisé, lors de cette année, un bilan psychologique complet (aspects cognitifs et affectifs) auprès d’une résidante, afin de lui permettre de se réapproprier ses problématiques après un diagnostic psychiatrique qu’elle avait du mal à accepter.

 Les parcours de vie des résidants accueillis à  Flambermont sont très variés. Bien que la drogue et/ou l’alcool y jouent un rôle quasi équivalent, pour chacun d’entre eux la prise de toxiques vient répondre plus spécifiquement à des problématiques personnelles. J’ai donc été confrontée à une clinique riche et variée faisant appel à différents domaines d’intervention, principalement aux champs de la psychiatrie, de la victimologie et de l’ethnopsychiatrie.

Ainsi, mon travail en tant que psychologue à Flambermont est de proposer un espace, qu’il soit groupal ou individuel, neutre dans lequel la parole peut émerger. À travers le discours des résidants, leurs problématiques s’élaborent et petit à petit ils se réapproprient leur parcours de vie. En outre, j’encourage la « liberté d’expression » au sens rogérien du terme, demandant une participation active aux résidants dans le processus thérapeutique. En outre, je tente d’identifier pour et avec le résidant ses symptômes en lui renvoyant leur réalité objectivable au sein de la communauté et l’aidant à en comprendre leur aspect plus subjectif et irrationnel. Il s’agit également de comprendre avec lui la fonction que les symptômes prennent dans son organisation psychique et/ou dans son environnement social ou familial. Puis, dans un second temps, plus avancé, il s’agit d’aider le résidant à se dégager de ses symptômes et plus particulièrement de son identité de toxicomane ou d’alcoolique afin qu’il puisse se percevoir et se définir autrement.

Conclusion et les différents projets à développer 

Pour reprendre l’idée avancée par Bruno Didier, la toxicomanie semble être une forme de « résilience mal adaptée », tentant d’endiguer les souffrances subsidiaires à un traumatisme. Lorsque le toxicomane s’engage dans un processus de soins, il retrouve un parcours de vie plus adéquat. Le processus de remise en cause des conduites addictives pourrait alors être assimilé à une forme de résilience. C’est à mon avis, le travail central que nous avons à mettre en œuvre à la Communauté thérapeutique de Flambermont : soutenir la demande de soins, aider les résidants à élaborer les traumatismes antérieurs et contribuer à la mise en place de facteurs de résilience. C’est un véritable travail de reconstruction éducative, sociale, physique et psychique que nous avons à mener auprès des résidants accueillis. Ce travail fait donc appel aux attitudes soignantes positives des différents acteurs du soin. Quand je parle d’attitudes positives je pense principalement à la bienveillance, à la disponibilité psychique indispensable à l’écoute et une capacité à soutenir et à contenir les projets et le cheminement thérapeutique des résidants.

 Cette première année de pratique professionnelle au sein de la Communauté thérapeutique de Flambermont me laisse également à penser qu’il y aurait des projets à développer afin de permettre un accompagnement plus complet. Je pense principalement à un travail auprès des familles qui prennent, pour certains résidants, une place importante dans leur parcours de soin et qui peuvent se montrer envahissantes envers l’équipe éducative et auprès de Pascale. Cet envahissement est le plus souvent à comprendre comme une demande d’aide et malgré des interventions ponctuelles il serait intéressant de définir un projet plus structuré. Ce projet est encore en réflexion et pourrait éventuellement concerner d’autres structures du SATO. En outre, du fait du mode de fonctionnement inhibé et réticent à l’élaboration psychique propre aux toxicomanes, il serait également intéressant de réfléchir à une prise en charge groupale s’appuyant sur une médiation thérapeutique, en sus des groupes de parole. Cette médiation thérapeutique reste à définir, cependant un groupe mobilisant davantage l’expression corporelle et la relaxation serait utile pour les résidants ayant volontiers une image négative de leur corps qu’ils ont continuellement agressé par leur comportement addictif.  

Mlle Gabrielle ZANAROLI

Psychologue clinicienne  

Bibliographie   

Didier, B. (2004). Facteurs de résilience dans les toxico-dépendances. Psychotropes, 9(1).

Gestin, P., & Lambrette, G. (2006). Du bon usage des communautés thérapeutiques en matière de traitement des toxicomanes : la « fenêtre thérapeutique ». Psychotrope, 12(3-4).

Kaës, R., & Laurent, P. (2009). Le processus thérapeutique dans les groupes. Paris : Erès.

Morel, A., Hervé, B., & Fontaine, B. (1997). Soigner les toxicomanes. Paris : Dunod.

Rogers, C. (2010). La relation d’aide et la psychothérapie. Paris : ESF.

Vacheret, C. (2000). Photo, groupe et soin psychique. Lyon : Presses universitaires

3.2 « L’intervention du psychologue au sein du groupe thématique de phase 3 :

un espace transitionnel entre le dedans et le dehors,

un espace transitionnel entre l’éducatif et le psychologique ».

Lors de mon arrivée à la communauté thérapeutique de Flambermont j’ai été sollicitée pour intervenir de façon permanente auprès du groupe de résidants « phase 3 » afin d’apporter un étayage clinique à l’équipe éducative. Les particularités de ce groupe de résidants, qui sont à la fois à l’intérieur de la structure et qui se projettent dans des projets de réinsertion à l’extérieur, rendent son encadrement et le travail éducatif mené bien spécifiques. En effet, ces résidants évoluent dans un espace transitionnel entre le dedans et le dehors. Ils doivent entretenir une position que l’on pourrait associer à une figure parentale pour le reste du groupe de résidants ; veillant à soutenir les rouages institutionnels et le cadre imposé, intervenant lors de conflits et de situations de passage à l’acte dans la structure et proposant une écoute bienveillante au reste du groupe. Dans le même temps, ils sont également encouragés à définir un projet de réinsertion et à l’expérimenter à l’extérieur des murs de Flambermont, autrement dit faire l’expérience d’une relative autonomie dans le but de préparer leur sortie. Leur investissement et leur énergie psychiques se portent donc sur deux objets distincts qui s’avèrent parfois difficiles à harmoniser. Certains résidants vont désinvestir leur rôle au sein de la communauté pour se centrer uniquement sur l’extérieur. D’autres se trouvent dans une posture psychique proche d’un conflit de loyauté entre leur projet individuel et l’attachement qu’ils gardent envers la communauté, acceptant difficilement de ne pouvoir tout maîtriser. Ces difficultés sont propres à chacun, en lien avec leur problématique personnelle et avec leur expérience de la vie communautaire. L’équipe éducative référente du groupe de « phase 3 » doit veiller à prendre tous ces éléments en compte, afin de proposer au résidant un projet de réinsertion le plus adapté possible. En outre, il semble primordial que, quelles que soient les démarches entamées à l’extérieur de la structure, le résidant puisse continuer à bénéficier du groupe thématique pour maintenir un lien formel avec son groupe et ses éducateurs référents, rendre compte de son évolution à l’extérieur de la structure et profiter de ce cadre pour exprimer les difficultés auxquelles il peut être confronté.

Mon intervention au sein de ce groupe, très différent des groupes de parole que je mène par ailleurs au sein de la structure, a pour but d’apporter un étayage théorico-clinique à l’équipe éducative référente ainsi qu’au groupe de résidants. Le travail effectué auprès de l’équipe référente consiste principalement à questionner leur posture professionnelle et à transmettre un savoir-faire de l’animation de groupe afin de permettre aux processus thérapeutiques de s’activer. En outre, il s’agit de permettre une rencontre avec le groupe de « phase 3 », qui ne bénéficie pas de groupe de parole avec moi, durant laquelle il leur est proposé un espace de parole neutre pour exprimer leur vécu, les difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien et partager avec le reste du groupe leurs problématiques personnelles. Enfin, certains outils, tels que l’analyse des canaux de communication privilégiés, des mises en situation à l’aide de jeux de rôle, un travail sur l’estime et l’affirmation de soi sont assimilés par l’équipe et proposés par la suite aux résidants. Ces outils leur permettent de repérer les mécanismes psychiques à l’œuvre et de s’approprier davantage les traits de leur personnalité. Ils permettent également de mettre en évidence les acquis réalisés durant toute la durée de leur séjour au sein de la communauté, de les consolider et d’établir des liens avec les projections d’un avenir à l’extérieur de la structure. Lors de mon expérience professionnelle au Québec, j’ai expérimenté un cadre de travail encore peu développé en France : « les groupes de psycho-éducation ». L’objectif de ces groupes, utilisés auprès de populations très variées, est de permettre au patient de se réapproprier les mécanismes qui sous tendent sa pathologie en lui apportant des connaissances théoriques. En outre, à l’aide de différents exercices et mises en situation, le patient doit pouvoir dégager des stratégies alternatives à ses anciens comportements. Ainsi, une participation active est favorisée afin de permettre au patient une plus grande autonomie et une meilleure compréhension de sa pathologie.

Mon intervention auprès du groupe de « phase 3 » s’efforce de suivre ce modèle de travail. Les réactions et l’implication des résidants face aux outils proposés sont très variées et dépendent principalement de leur capacité à intellectualiser et à se réapproprier le matériel apporté. Parfois, ils font preuve d’attitudes défensives que l’on peut analyser de différentes manières. Il semble s’agir d’une part, d’une difficulté pour eux à se projeter dans ces situations à l’extérieur et d’autre part, d’une volonté à être directement confrontés au principe de réalité. La notion de principe de réalité doit être ici entendue au sens freudien du terme, c’est à dire comme « un principe régulateur de fonctionnement psychique », par lequel le sujet prend davantage en compte les exigences du monde réel et les conséquences de ses actes. Il s’agit également de s’abstraire et de venir réguler le principe de plaisir en faisant preuve d’une aptitude à ajourner la satisfaction pulsionnelle. Ce besoin de satisfaction pulsionnelle se manifeste au sein de la communauté par des consommations de toxiques après une longue période d’abstinence ou encore par des départs précipités de la structure. Certains résidants semblent rencontrer de grandes difficultés à canaliser ce besoin et à intégrer le principe de réalité au quotidien, malgré l’encadrement dont ils bénéficient.

 Ainsi, le travail effectué au sein du groupe de « phase 3 », cette capacité à être à la fois au sein de la communauté thérapeutique tout en faisant des expériences à l’extérieur, se confronter au principe de réalité, s’avèrent être l’aboutissement du parcours institutionnel proposé à Flambermont. Il semble également nécessaire au bon rétablissement des résidants, car son véritable enjeu consiste à mettre tout en œuvre pour « partir bien ».

Gabrielle ZANAROLI

 Psychologue clinicienne

 3.3 Actes  de psychologue  

Prise en charge groupale

-          Nombre de séances de groupe "Accueil"   : 37

-          Nombre de séances de groupe "Phase 1" : 51

-          Nombre de séances de groupe "Phase 2" : 45

-          Nombre de séances de groupe "Thématique Phase 3" (avec éducateurs) : 29

Total des actes en groupe : 162 

Prise en charge individuelle

 -          Nombre d'entretiens d'évaluation à l'admission 41. Nombre de résidants concernés : 39

-          Nombre d'entretiens de soutien 146. Nombre de résidants concernés : 24

-          Nombre d'entretiens restitution : 4. Nombre de résidants concernés : 4

-          Nombre de bilans psychologiques effectués : 1. Nombre de résidants concernés : 1  

Total des actes individuels : 192 

-         Nombre de résidants ayant bénéficié d'une prise en charge individuelle (hors admission) : 29

-         Nombre d'actes de prise en charge individuelle (hors admission) : 151

-         Moyenne entretiens ou autre acte en individuel (hors admission) : 5,2 par résidant

Contacts téléphoniques

-          Autres praticiens et/ou structures (après admissions) : 2. Nombre de résidants concernés : 2

-          Autres praticiens, structures (orientations) : 4. Nombre de résidants concernés: 3

-          Résidants en rupture (exclusion temporaire) : ; Nombre de résidants concernés : 1

-          Résidants en séjour extérieur : 1 ; Nombre de résidants concernés : 1

-          Autres situations : 2. Nombre de résidants concernés :   

Total des actes téléphoniques : 10 (Nombre de résidants concernés 8)

TOTAL DES ACTES DU PSYCHOLOGUE : 364 

3.4 CARTON PLEIN 

L’année dernière nous vous avions promis la suite de la saga de l’’atelier création… Chose promise…Chose due !

L’exposition à l’écume du jour : après nous être mis en relation avec l’écume du jour, nous étions convenus d’une exposition du vendredi 19 au samedi 27 février. Plusieurs rendez vous ont été nécessaires pour la mise en place de ce projet pour lequel les résidants ont dû rivaliser d’imagination.

Création et envoi de 200 invitations en lien avec le thème du carton :

-          une carte à rabats en forme de commode.

-          se trouver un nom : les Créatifs Cartonneurs.

-          organiser le vernissage : Ce sont les résidants en charge de l’atelier  cuisine qui ont préparé le buffet.

-          clôture de l’expo avec mise en place d’un atelier.

Lors du marché de Noël nous avions pu constater que le public bien que très intéressé par le concept, restait très sceptique sur la solidité du produit. Quoi de mieux qu’un fauteuil, libre d’accès aux invités pour tester cette fameuse solidité ! Les « créatifs cartonneurs » ne disposaient que de 15 jours pour le livrer. Une fois encore ils ont fait preuve d’imagination et de ténacité. Le fauteuil fut la pièce maitresse de l’exposition. Cet évènement fut une réussite, tant en terme d’échanges que de ventes.  Il a aussi et surtout permis à l’ensemble de la Communauté de participer à la préparation et l’élaboration du projet, dynamisant le groupe et l’impliquant dans sa quasi-totalité sur un projet à moyen terme.  

Notre stock n’étant pas suffisant, de nombreuses commandes ont été prises.  Ainsi l’atelier a continué sa production sur le même thème tout au long de l’année. Les bénéfices des ventes ont été intégralement reversés à la caisse de solidarité de la Communauté Thérapeutique.

Dans le courant de l’année l’équipe création a également fait une exposition au CSAPA de Creil ainsi que trois ateliers d’une journée à l’Ecume du jour, au CSAPA et à la Bergerette.

Les « créatifs cartonneurs » ont transmis leur savoir faire avant de céder leurs places à de nouveaux résidants  à qui, cet atelier permettra, nous en sommes certains, de travailler des objectifs tels que la valorisation de l’estime de soi, la prise de confiance, l’autonomisation…

Au total sur l’année 2010, 12 résidants ont participé à l’atelier « Carton ». Il faut ajouter à cela la participation de 5 autres résidants à la tenue du stand du marché de Noël ainsi que 6 autres à l’installation des stands et distribution des sapins dans la commune.

Est également venue se greffer sur ce projet l’équipe des cuisiniers qui a préparé le buffet de l’exposition mais qui a aussi confectionné  des petits gâteaux qui ont remporté un très vif succès lors de l’exposition sur le marché de Noël. Pour l’année 2011, l’équipe à opté pour un changement de thème afin de redynamiser l’atelier en explorant  d’autres « savoirs faire pour enrichir un savoir être ».                                                                                       

Pour l’atelier création, Valérie François, Educatrice Spécialisée

 3.5 Le loisir comme élément du soin

En 2010, l’un des axes de travail (induit par le projet d’extension de la communauté thérapeutique) s’est porté sur le sens donné par nos résidants à l’occupation de leur temps libre au sein de la structure.

L’une des problématiques de la personne dépendante en démarche de soin est de se réapproprier un rapport au temps « normalisé ». En effet, avant d’arriver à la CT de Flambermont, la problématique développée par les personnes dépendantes qui ont eu un recours compulsif aux produits stupéfiants consiste généralement en une perte d’intérêt massive pour tout ce qui n’est pas centré sur l’investissement addictif.

 Ainsi, toute activité est organisée de façon autocentrée sur « le produit » et, la prise en compte du temps dans ses différentes composantes sociales n’a plus guère de sens. Cette prise en compte est organisée dans un rapport obsessionnel au(x) produit(s) et la scansion occupationnelle de leur journée tourne autour de la recherche du produit et des moyens financiers pour parvenir à apaiser leur irrépressible besoin…

 Ce mode de fonctionnement, bien connu, affecte le rapport « normalisé » que les personnes entretiennent avec leur entourage et la société. Il sédimente des comportements décalés qui sont un obstacle à une insertion ou une réinsertion pourtant souhaitée.

Au sein de la communauté thérapeutique, au-delà de la consolidation d’une abstinence et/ou d’une stabilisation d’une substitution bien comprise et suffisamment « confortable »  pour permettre à la personne d’envisager l’évolution « positive » de sa démarche de soin sur laquelle elle s’appuie pour construire sa démarche d’insertion, nous tentons de travailler cette prise en compte du temps.

 Ce temps, à la fois temps social avec ses obligations d’inscription administrative, sociale, voire professionnelle, est traversé par un temps psychique propre à chacun et impacte les rythmes particuliers qui scandent une journée, une semaine, voire des périodes de temps plus importantes.

Aussi, comme nous l’évoquions dans le rapport d’activité de l’an passé, « …/… la dimension « culturelle » au sein de la communauté est encore trop timidement développée et reste insuffisamment reliée aux objectifs progressifs des différentes phases du programme de la communauté thérapeutique de Flambermont.

Cette dimension vise à ouvrir les usagers sur des aspects qui souvent leur font cruellement défaut parce que peu ou pas transmis mais qui  font partie – s’ils sont insuffisamment mis en œuvre et acquis au cours de la dernière phase du séjour – de facteurs qui sont extrêmement prégnants dans le risque de rechute des usagers qui entament une réinsertion sociale que ne peut uniquement meubler le travail.

 De fait, lorsque ceux-ci n’arrivent pas à faire face au sentiment diffus en envahissant de solitude qui les prend, cette vacuité les ramène inexorablement vers des consommations illicites ou licites qu’ils utilisent pour pallier  ce manque ou  cette non-capabilité à faire face à l’ennui, puis à la solitude.  Cela les replonge invariablement dans leurs problématiques d’addiction. »

L’occupation du « temps libre » recouvre les centres d’intérêt dans et par lesquels les usagers peuvent s’investir, voire même, dans le meilleurs des cas s’épanouir. Avec ce postulat de départ, nous avons fait le choix de développer l’offre de loisirs au sein de la communauté.

 Sur cette année 2010, trois axes ont abouti ou ont été approfondis :

(sur la piscine tournesol de Beauvais).

1 à 2 créneaux dans la semaine.

Tennis/ Ultimate / Volley-ball (mise en place de séances et cycle de progression) Olympiade (tournoi de jeu sportif).

Entraînement spécifique en prévision de participation à des olympiades en Slovaquie

(il s’agit d’un  tournoi de 2 jours entre Communautés thérapeutiques auxquelles nous participons depuis 3 ans)

(Batterie, Guitare électrique, électroacoustique et classique, Djembé, Basse, clavier, micro de chant, le tout orchestré sur ampli et table de mixage).

Chacun de ces postes est doté de logiciels d’exploitation de base (traitement de texte, tableur, traitement vidéo et photo, compresseur audio, vidéo, ainsi que différents jeux tels que le code de la route, création de site Internet, entraîneur cérébral).

Organisation de ces espaces :

 Pour chacun de ces espaces un contrat de responsabilité est signé avec des résidants qui ont atteint un niveau de responsabilisation au sein du parcours de soin (proposé en 4 phases) pour permettre une meilleure appropriation des lieux et un meilleur suivi du matériel et des lieux. Ce contrat, instrument dédié à la reconnaissance des efforts réalisés au sein de la CT, sont investis de diverses manières par chacun et témoignent ainsi de leur particularisme, du travail qu’ils mettent en œuvre.

 L’accès à ces espaces est réglementé et accompagné d’une initiation (effectué par le résidant responsable de la salle ou bien, en son absence ou lors d’un premier engagement par l’éducateur référant de l’espace) afin de pouvoir en garder la maîtrise et de permettre un fonctionnement harmonieux dans de bonnes conditions, tant de sécurité que réglementaire.

 Moyen d’évaluation :

Toute réalisation nécessite un moyen de contrôle ou plus exactement implique de mettre en place des indicateurs de mesure, voire de réussite sur la base de ce qui fut projeté comme objectif à atteindre. Ici, un des objectifs consiste à évaluer l’assiduité des usagers quant à leur inscription dans une des propositions d’occupation ou de loisirs. Celle-ci marque en effet une propension à pouvoir ultérieurement s’inscrire dans un processus similaire lors de leur réinsertion sociale.

Le premier indicateur : fréquentation des résidants (usagers).

Pour cela des feuilles de présence sont placées à l’entrée de chacun de ces espaces de loisirs, et suivies par un éducateur référent.

 Pour illustration :

 Tous les résidants présents à ce jour ont fréquenté au moins une fois un des espaces sportifs ou culturels mis à disposition, en revanche, une majorité de nos résidants n’investie pas ces lieux régulièrement.

 Notre second indicateur : le dispositif « après-midi porte fermées » le 1er samedi de chaque mois.

Le principe est simple, un après-midi par mois toutes les chambres sont fermées. Chacun est libre de s’organiser dans les espaces externes et internes de la communauté pour passer le temps le plus agréablement possible. Ou bien alors, une organisation peut être mise en place à leur initiative et en accord commun lors de la réunion de convivialité, tel un jeu collectif (ex: loto)

Cet autre indicateur permet de constater qu’il leur est très difficile de s’organiser en se  projetant dans le temps, ou bien d’anticiper ce type d’organisation.

Le troisième indicateur : le Test de condition physique (avec couplage de photos-vidéo prises sur la structure sur des moments forts de la vie communautaire qui peuvent être visionnées à tout moment dans la salle informatique)

Ce test est obligatoire pour tous les nouveaux résidants et il a lieu au cours des deux premiers mois (34 résidants ont effectué le test depuis son instauration). Ce test a pour but de faire un diagnostic de la forme physique de chacun lors de son arrivée dans l’institution.

Les exercices réalisés permettent d’identifier :

Ce test peut être renouvelé à la demande du résidant, tout au long de son séjour.

Il doit permettre d’identifier les difficultés ou les points forts de chaque résidant (afin de pouvoir travailler par la suite sur une amélioration de la forme physique, voire contribuer à une reprise en main par l’usager de sa condition physique et ainsi, consolider sa décision de diminuer et/ou stabiliser la médication dont de nombreux résidants font usage sur prescription médicale au sein de la CT. Le médecin est d’ailleurs partie prenante de cette action, en établissant un certificat médical préalable à la mise en place du test. ), ou pour identifier des progrès (si celui-ci a été renouvelé).

Le quatrième indicateur : L’aboutissement des actions.

 Pour illustration :

Au niveau du sport, 2 résidants ont appris à nager en quelques mois, 6 olympiades ont été organisées cette année (4 en salle et 2 en extérieur), et toutes ces activités sportives se sont déroulées dans de bonnes conditions, en fédérant chacun au niveau du groupe, énergie, convivialité et émotions partagées.

Au niveau de la musique, chaque mercredi, en fin de réunion « convivialité », un résidant joue un morceau de guitare  et chante.

Les fêtes de fin d’année ont été accompagnées musicalement, avec la participation de nos musiciens Flambermontois.

 Conclusion :

Ces espaces étant maintenant mis en place et reconnus de tous, et compte tenu du constat fait relatif à une implication difficile repérée chez les résidants (Il serait intéressant de noter à quel stade du programme ils accrochent….ou non) dans la durée, notre effort va désormais devoir se porter sur la création :

-          d’animations spécifiques à ces lieux, c’est à dire programmer des temps de pratique (initiation, perfectionnement) sur lesquels nos résidants vont pouvoir se positionner et s’engager.

-          d’une dynamique valorisante et entraînante qui puisse avoir des effets positifs pour nos résidants ainsi que pour la dynamique générale dans des temps plus longs.

 Notre axe à venir sera l’échange de compétences entre résidants… 

Ludovic FAEDY

 Educateur sportif

 3.6 Considérations sur le travail par phases au sein de la communauté thérapeutique

Suite à une série d’admissions dues à l’agrandissement de la communauté thérapeutique, nous nous sommes retrouvés avec un groupe 1, dit « d’intégration » assez important mais hétérogène, les résidants n’ayant pas le même niveau d’avancée dans la structure. Entre ceux qui étaient  présents depuis plusieurs semaines et les nouveaux qui venaient d’arriver, les réunions thématiques du lundi après-midi étaient difficiles à mener. En outre, la principale difficulté résidait dans le fait  que tous les résidants du groupe ne pouvaient participer à la réunion, les temps de paroles étant réduits pour chacun d’entre eux. Nous avons constaté que nous ne pouvions plus travailler correctement sur les objectifs de la phase 1. 

L’équipe a donc décidé de scinder ce groupe en deux et de créer le « groupe accueil ». Ce groupe comprend les résidants qui arrivent, c'est-à-dire ceux qui n’ont pas encore eu leur bilan d’admission. (bilan prévu 1 mois après leur arrivée). 

Le groupe accueil 

En créant cet espace, nous avons souhaité avoir un groupe avec lequel nous pourrions travailler sur les règles de la maison, le cadre et sur la manière dont il percevait et comprenait l’aspect communautaire de la CT. Ce groupe permet aussi aux nouveaux résidants de prendre connaissance du lieu de vie, d’intégrer l’emploi du temps mis en place.  

Au sein de ce groupe, le résidant prend le temps de se repérer tout en ayant une certaine distance avec les résidants déjà admis à la communauté. Pour permettre aux nouveaux d’assimiler rapidement les règles et le quotidien de la communauté, un petit livret d’accueil a été rédigé par une résidante faisant partie du comité. A l’intérieur de ce livret, sont répertoriées toutes les informations basiques telles que la commande du tabac, les horaires de la buanderie, le rôle du comité ou encore les différentes réunions. Ce livret leur est remis le jour de leur arrivée, dans un classeur contenant la lettre de motivation qu’ils ont envoyée pour intégrer la structure (cela peut faire du bien de la relire de temps en temps …), le règlement de fonctionnement qu’ils ont signé, et le planning de la semaine.

 Ce premier mois de présence est un mois d’évaluation, pour l’équipe comme pour le résidant. L’évaluation porte principalement sur sa capacité à s’intégrer au sein de la communauté. C’est un mois au cours duquel l’équipe et le résidant font connaissance. La phase d’accueil qui dure un mois ou plus, permet de créer le lien entre le résidant et la CT. Elle l’accueille donc de manière respectueuse, dans un cadre sécurisant pour lui permettre de poursuivre son évolution personnelle. Ce lien entre la communauté thérapeutique et le résidant se crée aussi par le biais du règlement intérieur et les règles de vie de la structure (pas de violence, pas de consommation au sein de la structure, participation aux chantiers, aux réunions etc.)

A l’issue de ce mois de présence, nous faisons le bilan dit « d’admission ». Celui-ci se déroule avec la chef de service, le résidant et un éducateur de la phase. Il consiste pour le résidant à confirmer ou non son souhait de poursuivre son séjour à la CT et pour l’équipe, à lui signifier la possibilité ou non, de travailler avec lui. Dans ce bilan, on fixe ensemble des objectifs de travail : ce sont des objectifs concrets tels que régler ses dettes, ne plus être en retard pour les traitements. Ils varient en fonction des difficultés qu’éprouve le résidant dans le quotidien de Flambermont, mais ils comportent aussi des objectifs plus systématiques tels que, continuer à respecter le règlement, rester abstinent lors de ses prochaines sorties week-end.

 Avant ce bilan d’admission, un point « fil rouge » se déroule. Les fils rouges sont incarnés par deux résidants du groupe 2 ou du groupe 3  ayant parfaitement compris et assimilé le fonctionnement et les règles de la structure. Ils ont été les référents du nouvel arrivant tout au long de son mois d’admission. Ils l’ont accompagné dans le quotidien de la CT. Ce sont avant tout des personnes auxquelles il a pu s’adresser en cas de problème. Cela a permis, surtout dans les premiers jours, d’éviter d’avoir différents interlocuteurs… et donc des sons de cloches différents…

Le résidant ayant eu son bilan d’admission passe ensuite dans le groupe 1, appelé « phase d’intégration ».

 Le groupe 1 :

 Les résidants admis dans cette phase vont s’approprier davantage le mode de vie communautaire, c'est-à-dire la vie de groupe et toutes les règles qui s’y rattachent. A ce stade, ils doivent avoir compris et être en mesure d’appliquer les règles et le cadre de vie de la communauté thérapeutique. Néanmoins, il arrive que certains résidants soient dans l’ambivalence par rapport à la transgression ou non d’une règle. Pour beaucoup, la transgression s’évalue par rapport à la gravité de l’acte alors que le processus communautaire part du principe qu’une transgression reste une transgression.

Exemple de situation : un résidant qui revient de week-end. Il est parti en achetant ses billets de train mais ne les a pas compostés. Nous lui expliquerons donc que nous ne pouvons pas garder ces billets, que nous allons les détruire et qu’il ne pourra pas s’en resservir comme il l’avait envisagé. Une grande partie du travail se situe à ce niveau des règles : il s’agit de mettre un sens derrière celles-ci afin que le résidant puisse s’en saisir tout en comprenant que cela fait partie du processus de rupture avec son mode de vie antérieure. Cette rupture inclut aussi le fait qu’il se réapproprie autant que faire se peut, tous les actes administratifs de la vie, que ce soient les démarches au niveau de la sécurité sociale, de la CAF ou les problèmes de justice etc.

Le travail éducatif en groupe 1 consiste d’abord à mettre à plat toutes les démarches à faire en les listant et, dans un second temps, à les mettre en actes dans un ordre de priorité afin d’être à jour administrativement. Cet accompagnement est bien souvent compliqué dans le sens où le résidant exige généralement que tout soit réglé dans l’immédiat. Ainsi, il doit apprendre à gérer ses émotions, ses besoins et, enfin, il  doit pouvoir gérer ses relations humaines et ne pas perdre le contrôle contre un tiers par exemple. Ceci  se travaille au travers de jeux de rôle ou de mises en scène où les résidants doivent exprimer un point de vue, s’affirmer devant une personne, se confronter à l’autre.

 Tous les deux mois, des bilans ont lieu dans le but de faire le point sur la situation de la personne dans le groupe, sur l’évolution de ses objectifs et sur d’autres à définir et à travailler. Nous essayons d’amener le résidant à s’investir davantage dans la communauté par le biais de petites responsabilités pratiquées en groupe 1 comme - animer la réunion « convivialité » (réunion du mercredi soir qu’il animera avec un autre résidant), être responsable du « thé-time » c'est-à-dire que pendant un mois, il va préparer et servir avec un autre résidant le thé après les heures de chantiers et la tisane après le diner.

Pour intégrer le groupe 2, le résidant doit avoir atteint un certain nombre de critères :

 Il doit présenter sa courbe de consommation. Cette courbe aide à établir une estimation approximative de sa consommation. Elle doit être complétée avec les évènements importants qui sont en rapport avec sa consommation et qui ont jalonné sa vie. Cette courbe est ensuite présentée  et exposée devant le groupe 1 en réunion thématique.

Lorsque le résidant a atteint ces objectifs et pris les différentes responsabilités qui incombent au résidant de la phase 1, il peut prétendre à passer en groupe 2. Le jour de sa demande de passage en groupe 2, le résidant doit préparer un écrit (qu’il aura travaillé au préalable durant la réunion thématique).

 Cet écrit résume brièvement les raisons qui l’ont amené à faire une démarche de soins, le travail qu’il a effectué dans le groupe accueil et le groupe 1, les difficultés qu’il a rencontrées, et enfin les projections qu’il envisage pour la suite de son séjour. Il va lire ce texte devant tous les résidants et les membres de l’équipe pendant la réunion dite « de maison » du mardi soir. C’est souvent un moment fort du début de son parcours dans la CT.

En quelques chiffres :

 -          En 2010, la communauté thérapeutique de Flambermont a accueilli 47 nouveaux résidants.

-          Sur ces 47, huit étaient des femmes. Aussi, lors de la création des nouveaux locaux, un espace a été réservé à l’accueil de ces dernières.

-          Parmi ces admissions, cinq personnes avaient déjà effectué un premier séjour à Flambermont et reformulaient une demande d’admission qui avait été acceptée.

-          13 résidants sur ces 47 sont passés en groupe 2 durant l’année 2010.

-          En groupe 1, la durée moyenne de présence au sein de ce groupe se situe aux environs de 149 jours.

-          Si 13 résidants sont passés en groupe 2, on comptabilise aussi 17 personnes qui sont parties de leur plein gré et 9 exclus par l’équipe pour transgression grave. (violence, introduction de produits…)

 Les référents du groupe 1 : Lucie, Educatrice Spécialisée, Xavier, Educateur spécialisé

            3.7 Rapport d’activité phase 2

             Le résidant du groupe 2 est dans la phase dite de «maturation » où il pourra restaurer l’estime de soi ainsi que sa capacité à s’investir et à construire un projet de vie individuel. 

A cette étape de son parcours de soin, le résidant est plus ou moins conscient de ses difficultés et essaie peu à peu d’y apporter des solutions. Par ailleurs il se sent encore partagé entre les aspects agréables de la consommation et l’énergie à investir pour changer. Il peut aussi être dans une crainte de l’échec face à des tentatives infructueuses de changement. C’est une étape où il est confronté à son ambivalence. Le conflit intérieur est présent et, en dépit de bonnes intentions, le résidant peut demeurer longtemps à réfléchir sur les changements sans passer à l’action. Il peut avoir des discours tel que :

-          «J’aimerais changer mais ce n’est pas évident»,

-          «Je ne sais pas si j’ai assez d’énergie pour changer».

 L’accompagnement éducatif se situera dans ces cas là vers une augmentation de la prise de conscience en suscitant l’espoir face au changement en affrontant leur peur de l’échec. Cela pourra se faire en le faisant s’exprimer sur ces réussites passées dans d’autres domaines que la consommation. Il est important aussi de proposer des objectifs réalistes et adaptés dans le but de réduire les risques de  rechute.

 Un résidant du groupe 2 va être amené à effectuer de nouvelles tâches en supplément de ce qu’il faisait avant, il devra les effectuer seul sans l’aide d’un éducateur ou d’un résidant : par exemple, aller chercher le pain le matin. Il devra donc apprendre à se lever seul avant les autres et être ponctuel afin que le petit déjeuner puisse se dérouler sans encombre. Un groupe 2 peut aussi accompagner les autres résidants afin qu’ils puissent poster leur courrier personnel, etc.

Un groupe 2 devra pendant son parcours être ce qu’on appelle «fil rouge». Pendant un mois il aidera un résidant en phase d’accueil à s’intégrer petit à petit dans la communauté.

Plus le résidant avancera dans son soin et plus il pourra prendre des responsabilités au sein de la communauté tel que être responsable d’un chantier et être attentif à la dynamique qui doit exister au sein de son propre chantier.  Il pourra même faire parti du « Comité », une instance de 6 résidants avancés dans leurs soins et élus par les autres résidants. La fonction de cette instance est notamment de faire des propositions visant à améliorer la qualité de vie au quotidien : il en est sorti récemment un contrat d’utilisation des téléphones portables. Cette instance sert également de médiation lors de conflits entre résidants mais aussi face à des situations particulières auxquelles la communauté peut être confrontée (personnes sous produits).

Dans un projet de conduite du résidant vers une autonomie, un groupe 2 peut être amené à se rendre à des rendez vous médicaux et administratifs seul. Il doit aussi apprendre à s’organiser pour effectuer ses démarches en tenant compte des contraintes imposées par le cadre institutionnel, des contraintes auxquelles il sera confronté à l’extérieur. Pour ce faire, il a un budget de 10 euros pour le mois afin de faire ses démarches et payer ses déplacements.

 Pour les accompagner dans cette phase, la référence du groupe 2 est aujourd’hui assurée par trois éducateurs. Il est impératif de créer un suivi et une continuité homogène de ce groupe (quel que soit l’éducateur qui intervient). Pour cela des axes de travail et de réflexion ont été dégagés et des thèmes sont abordés régulièrement.

 4 axes de travail et de réflexions :

 -        Le suivi des différentes formes de stimulation à la consommation : «Comment se manifestent mes envies de consommer ?» Cela se fait à l’aide d’une feuille de stimulation où le résidant doit établir la chronologie et le contexte qui l’ont amené à penser à la consommation, voire à la rechute.

 -          Le suivi émotionnel : «Comment mes humeurs évoluent dans le temps en fonction des situations dans lesquelles je me trouve, et comment s’expriment mes émotions ?» En parallèle les résidants utilisent une grille des émotions afin de répertorier et de voir l’évolution, ou la stabilité de leurs émotions dans le temps.

 -          Le suivi du budget (gérer au mieux son revenu du moment) : «Comment je gère mes revenus afin de mettre en place un budget mensuel et de faire des économies ?» Le résidant doit ainsi chaque premier lundi du mois rendre une feuille de budget où y seront notées les différentes dépenses regroupées dans des rubriques spécifiques (loisirs, tabac, hygiène, ...). Un travail sur son rapport à l’argent lui est ainsi demandé. Nous avons par exemple constaté que le résidant revient souvent de week-end soit avec beaucoup de monnaie (il ne fait ses achats qu’avec des billets) soit il dépense jusqu’au dernier sou. Il peut parfois faire des achats compulsifs. Cela est révélateur de son fonctionnement antérieur. Il est important que le résidant puisse changer son rapport à l’argent en le ramenant à une plus juste notion de sa valeur ;  il lui faut le gagner par des moyens licites par opposition à l’argent de la drogue.

 -          Le suivi du projet de soin : «Comment je me projette dans ma démarche de soin et dans mon projet de vie à venir, et comment je m’y implique dans le quotidien (gestion du temps).» Création d'objectifs clairs, évaluables et individuels. Cela permet la mise en relation des actes du quotidien ; week-end, sorties, chantier, vie de groupe en fonction de sa problématique. Cela se fait à l’aide d’une feuille où les résidants peuvent mettre les objectifs qu’ils veulent atteindre mais aussi les moyens qui peuvent être mis en place à cet effet.

 Lors de chaque réunion thématique, le support de communication est oral. Cela doit permettre de laisser libre cours à la spontanéité et à la franchise. En revanche, un effort d’écriture est demandé en dehors de ce temps de travail. L’écriture peut permettre aux résidants de trouver du sens et de la cohérence à leurs actes et à leurs pensées. Ecrire pour faire face au morcellement. Mais aussi écrire pour ne pas être seul. L’écriture est bien sûr individuelle, mais elle peut aussi se partager en groupe où chacun est libre de lire ce qu’il écrit afin que ses pairs puissent en faire retour pouvant l’aider dans sa démarche. Des retours écrits sont établis par l’éducateur et sont mis dans le dossier du résidant afin qu’il puisse constater l’évolution de sa réflexion et de son élaboration. Comme la parole, l’écriture permet d’organiser, de construire et de faire circuler une pensée, d’élaborer et de se confronter à ses propres idées et de dégager des projets. L’acte d’écriture est donc une passerelle vers l'extérieur.

Ainsi, il ne s’agit pas pour nous de faire une réunion pour faire une réunion mais de donner du sens à cette réunion dans la démarche quotidienne de chaque résidant.

Les comptes rendus que nous écrivons doivent nous permettre de marquer un véritable temps de réflexion, de prendre du recul sur ce que nous y faisons mais aussi de mettre en avant des indices observables. Cela pourra être ré abordé ensuite dans le groupe ou de façon individuelle.

De plus nous avons créé un tronc commun à la phase 2 permettant de visualiser les objectifs et les savoirs dont a besoin le résidant tout le long de cette étape. On peut ainsi voir, et comprendre ce que travaille le groupe 2, et quels objectifs le résidant doit atteindre pour passer à une phase supérieure.

« LE SENS NE S’IMPOSE PAS IL SE CREE »