Ces tableaux offrent une vue d’ensemble de l’activité menée par les équipes des structures d’hébergement de l’association.
Dans la suite du rapport d’activité une présentation détaillée permettra grâce aux données chiffrées présentées sur les trois dernières années, une lecture comparative accompagnée d’une analyse clinique et critique indiquant les observations les plus marquantes de l’année 2010.
LA COMMUNAUTE THERAPEUTIQUE
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2008 |
2009 |
2010 |
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Nombre de résidants hébergés |
68 |
55 |
64 |
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Nombre journées réalisées |
7573 |
7815 |
9202 |
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Durée moyenne hébergement (en jours) |
112 |
139 |
144 |
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Taux occupation |
73,24% |
75,96% |
78,54% |
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Nombre résidants sortis (du 01/01 au 31/12/2010) |
50 |
33 |
36 |
LES APPARTEMENTS THERAPEUTIQUES RELAIS
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2008 |
2009 |
2010 |
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Nombre de résidants hébergés |
24 |
20 |
15 |
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Nombre journées réalisées |
2351 |
2444 |
2727 |
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Durée moyenne hébergement (en jours) |
94 |
122 |
181 |
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Taux occupation |
80,50% |
83,40% |
93,30% |
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Nombre résidants sortis (du 01/01 au 31/12/2010) |
17 |
14 |
10 |
TOTAL FILES ACTIVES CSAPA EN RESIDENTIEL
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2008 |
2009 |
2010 |
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File active ATR * |
24 |
20 |
15 |
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File active CT/FLB** |
68 |
55 |
64 |
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Total files actives |
92 |
75 |
79 |
*Appartements Thérapeutiques relais.
** Communauté Thérapeutique de Flambermont.
Introduction
L’exercice 2010 de l’ensemble du CSAPA Soins-Hébergement du SATO-Picardie fut marqué par des changements dont l’ampleur n’a pas été nécessairement perçue par l’ensemble des services.
En effet, chacune de ces structures a changé de locaux :
Toutes les équipes ont réalisé leur déménagement ou emménagement, tout en investissant de nouveaux espaces qui ont impliqué une (ré) appropriation des projets de service.
Pour autant, l’activité significative dont rendent compte les taux d’occupation respectifs des deux structures d’hébergements pour personnes ayant des conduites d’addiction (CT et ATR), montre que la mission de service public, déléguée à l’association, fut remplie à la hauteur des engagements des projets et des moyens octroyés.
Il n’en demeure pas moins que les changements initiés par cette extension restent à poursuivre, voire à consolider, tant est ardue la tâche impartie à cette équipe qui a dû à la fois s’approprier ces nouveaux espaces de travail, mais également reconfigurer sa prise en charge communautaire afin de prendre en compte l’augmentation du nombre de ses usagers et ainsi faire une plus grande place aux résidants.
Cette démarche délicate, toujours à retisser au fil des nouvelles admissions et des départs des plus anciens, implique un investissement continu de la part de cette équipe parfois fragilisée par l’absence de certains de ses membres.
Par ailleurs, l’organisation nouvelle induite par l’agrandissement de l’espace éducatif et des lieux de vie dédiés aux résidants suppose également que les nouveaux locaux administratifs qui ont été construits en proximité soient, eux-aussi, investis par l’ensemble des professionnels pour permettre d’affiner la cohérence souhaitée par la direction de la CT dans la conduite des projets individualisés des personnes accueillies. Ce travail reste à poursuivre et à consolider.
Notons cependant qu’il est complexe, dans un cadre communautaire très impliquant, de pouvoir mener de front l’extension du nombre d’accueillis (+10), le développement continu d’un projet institutionnel conviant au changement et l’organisation de l’espace communautaire de la CT de Flamberont. Notons à ce propos que l’énergie développée par l’ensemble des acteurs de l’institution (équipe et résidants) ainsi que les résultats obtenus témoignent à la fois de la vitalité de l’équipe pluri-professionnelle, de son désir de bien faire et, concernant les résidants, d’une meilleure compréhension de la proposition d’accompagnement dans le cadre d’un projet communautaire mieux compris de tous.
Ainsi, notons que nous avons réalisé 9202 journées réparties sur une capacité d’accueil effectif de 30 résidants sur les cinq premiers mois de l’exercice 2010, et sur 35 résidants sur les sept mois restant.
Sur les cinq mois du début d’exercice 2010, le taux d’occupation moyen fut de 72% et sur sept mois suivants, il atteint 84%. Globalement, sur les 12 mois de l’exercice 2010, le taux d’occupation pondéré se trouve donc rapporté à 78%.
Plus que ce chiffre, c’est le foisonnement des textes émanant de l’équipe pour ce rapport d’activité qui rend compte à la fois de l’activité menée par l’équipe médicale et psycho-sociale de la CT et de l’investissement des professionnels. Ils témoignent de leur engagement et de leur souhait de transmettre un peu de leur approche dans leurs confrontations aux différents groupes et personnes de l’institution.
L’espace de vie semi-collectif situé rue de l’Estacade ne fut pas rénové mais maintenu en état de fonctionnement du fait du prévisible déménagement de la structure en fin d’année.
Le 63, rue de l’Oise, mis à disposition des LHSS courant novembre pour lui permettre d’avoir un espace de travail dans l’attente de la finition des travaux de ses nouveaux locaux, fut réinvesti par l’équipe des ATR dès décembre. Ce lieu accueille dorénavant les trois résidants hébergés rue de l’Estacade. Parallèlement, l’équipe des LHSS a pu prendre possession de ses nouveaux locaux aux 74, rue de Stalingrad dès décembre.
Le 63 rue de l’Oise réinvesti, devient le nouvel espace de prise en charge semi-collectif des ATR et une réflexion sur l’orientation de cet espace sera à entreprendre au cours du prochain exercice, afin d’évaluer la pertinence de la remise en état des locaux ou de faire évoluer le projet d’accueil semi-collectif dans une nouvelle direction qui reste à définir. Notons que cet accueil change dans les faits, l’équipe ayant à recréer une dynamique d’accompagnement venant « légitimer» sa présence sur ce lieu. En effet, cette maison reste un espace d’hébergement institutionnel de part le nombre d’accueillis et de ce fait, sa gestion ne peut être laissée à la simple initiative des occupants, mais doit faire appel à une dynamique portée par l’équipe éducative.
Indépendamment du commentaire statistique élaboré ci-dessous, notons que le taux d’occupation de l’exercice 2010 dépasse les 93%, progressant de 10% par rapport à l’exercice 2009. Ce chiffre témoigne du travail engagé par une équipe qui doit se recomposer en fin d’année, l’un de ses membres ayant pris de nouvelles fonctions sur les LHSS.
Enfin pour préparer le déménagement des locaux administratifs de la rue de l’Estacade, une grande part de ce travail fut réalisée par l’équipe éducative. Cette action, réalisée sous la conduite du chef de service des ATR, fut menée avec l’aide de résidants qui n’avaient pas d’activité professionnelle en cours. Cela a permis à l’équipe des ATR d’investir le logement laissé vacant sur le site de la nouvelle structure LHSS au lieu du bureau prévu initialement.
Cette modification fournit ainsi des conditions d’accueil bien meilleures que celles prévues et permet aussi de ne pas créer de confusion pour les usagers entre les projets, confusion qui risquait également d’être préjudiciable au fonctionnement de l’une et l’autre équipe.
Notons enfin que la contenance qu’incarne cette équipe fut souvent mise en question voire mise à mal par certains résidants des ATR, les plus fragiles.
En effet, le projet institutionnel des ATR convie chaque professionnel aux exigences d’un accompagnement qui ne peut faire l’économie d’une analyse des modalités d’accompagnement des usagers, du fonctionnement et des habitudes dans lesquelles chacun est pris. Celles-ci ne doivent pas occulter, qu’en permanence nous avons à faire à des personnes en proie à des comportements mobilisés par l’addiction parfois empreints de co-morbidité psychiatrique. Ainsi, il convient de maintenir en permanence vivace les outils qui sont proposés dans le cadre du suivi individuel des usagers, tels :
En effet, nous constatons que la façon dont les individus s’inscrivent dans la temporalité de leur séjour en investissant plus ou moins leur projet, ne prend sens qu’en étant régulièrement scandé – avec empathie et compréhension, mais sans concession aucune – par ces bilans.
Toutefois, en la rappelant en permanence, il est nécessaire de faire vivre cette temporalité du réel qui, elle, ne s’embarrasse pas des contingences psychiques individuelles qu’il nous faut cependant également entendre, comprendre, soutenir et prendre en compte.
Mais il ne saurait y avoir confusion au sujet de cette temporalité. Si cette dernière est en permanence active – frein ou moteur – dans une démarche de (ré) insertion sociale et/ou professionnelle, la réalité sociale impose au sujet psychique un rythme qu’il lui faut cependant prendre en compte, sous peine de s’entraver plus encore.
Il nous faut également soutenir de façon active lors des bilans, en mettant aux jours les points plus ou moins aveugles qui viennent gêner les perspectives d’une insertion qui doit permettre au sujet de passer à un autre registre que celui de l’addiction. Sans ce but – s’il pense qu’il n’est pas vain – le séjour que nous accompagnons risque d’amener à nouveau ce sujet à se retrouver confronté rapidement aux rets qui le lient à son addiction.
Par ailleurs, l’utilisation de la planification de l’activité quotidienne - qu’il conviendrait de renforcer parfois par des accompagnements individuels in situ au sein des ATR, par exemple par le partage de repas - permettrait de mieux sérier les aptitudes à vivre seul et à s’assumer, mises en œuvre pour appréhender le quotidien.
De même, l’accompagnement aux ATR conduit à devoir poser, soutenir, rappeler voire reprendre le cadre, les règles, parfois même le cadre de la loi et plus encore lorsqu’il s’agit de personnes accompagnées lors d’un placement sous main de justice.
Là encore, il ne saurait y avoir confusion, notre action n’est pas d’être un auxiliaire de justice par délégation, la personne reste sous la responsabilité du cadre pénitentiaire comme en témoigne la mise sous-écrou inaugurale, lors de l’admission de ressortissants d’un autre territoire pénitentiaire que celui dans lequel s’inscrit le dispositif des ATR.
Néanmoins, du fait de cette disposition créée par le législateur comme « peine alternative à l’incarcération (et dont il faut se réjouir car elle permet à nombre de détenus d’entreprendre une démarche de soin avant la fin de leur condamnation) », nous ne pouvons nous exonérer d’un des aspects essentiels de l’acte éducatif qu’immanquablement nous sommes conduits à devoir exercer au cours des accompagnements : à savoir le rappel du cadre, des règles, voire de la loi et, par la sanction, la mise en sens des transgressions posées au cours de la prise en charge.
L’oublier, vouloir l’éviter serait dénier le sens mis en exergue dans la posture éducative qui consiste souvent à poser le « non » comme éminemment structurant. Toutefois, être « convoqué » à poser les limites chez le sujet, conduit nécessairement à accueillir également ce qui – de par son histoire personnelle – a fait « structure » en lui. Cela consiste à proposer au sujet de comprendre, avec notre aide, les rets et les forces qui le constituent. C’est à ce prix que ce dernier pourra délier de lui-même les liens qui le noue à son addiction et lui permettra de tisser la trame et les contours de son insertion.
En ce sens, « faire exister la transversalité entre structure et services de justice » n’est pas « un mal nécessaire » mais – à contrario – un grand bien, pour peu que nous rendions compréhensible et accessible l’utilité de cette proposition créée par le législateur et mise en œuvre sur décision de justice.
A ce titre, nous tenons à souligner la rigueur et le sérieux des acteurs judiciaires et pénitentiaires, que ce soit les SPIP, les Magistrats de l’Application des Peines et les services de la détention, qui, dans les situations délicates qu’ils nous ont été données d’accompagner, ont su à la fois répondre à nos sollicitations et prendre en compte la rigueur de notre travail, tout en sachant apprécier de leur place, et non de la nôtre, les éléments qui leurs étaient soumis.
Enfin, constatons que l’investissement dont chacun des membres de l’équipe sait faire la preuve, a permis d’asseoir, pour un plus grand nombre de résidants, des séjours plus stables, des engagements professionnels effectifs porteurs d’une espérance, et a favorisé le relogement de deux personnes ayant été accueillies en couple.
Avec l’ouverture récente des Lits Halte Soins Santé en décembre 2010, un nouvelle équipe est convoquée à la prise en compte d’une palette de problèmes sociaux qui concerne une population à la fois marquée par la désaffiliation mais également par la précarité et, de façon connexe, par l’addiction sous ses multiples formes.
Notons qu’ayant pris des contacts divers avec des partenaires du champ de la précarité et en accueillant les premiers usagers de cette nouvelle structure, nous appréhendons une population plus âgée, pour le moins décalée d’avec la vie sociale. Ses ressorts – en matière de précarité – sont parfois impactés par le parcours de vie et leur existence dans la rue, théâtre de leur errance. Pourtant, au sein du service, elles cohabitent, se côtoient, se confrontent et témoignent ainsi d’une réelle volonté de vivre.
Enfin, si l’activité statistique du LHSS est peu significative pour les 18 lits prévus, les premiers résidants ayant été admis fin décembre, néanmoins cette nouvelle structure a largement mobilisé la direction des structures d’hébergement du SATO Picardie comme en témoigne le compte rendu rapportant la mise en place de l’équipe médico-sociale.
Jacques FORZY
Directeur des structures avec hébergement